Les clowns, les vrais, n'ont plus la banane. Ils ne supportent plus les imposteurs qui s'amusent depuis quelques temps à utiliser leur déguisement et l'imaginaire associé, pour terrifier voire agresser des passants dans la rue. Un phénomène qui touche aussi bien la France que les Etats-Unis et popularisé par les réseaux sociaux. En Californie, des faux clowns ont notamment été épinglés pour avoir brandi des armes à feu tandis que dans l'Hérault, des plaintes ont été déposées contre des clowns agressifs.
"Les clowns terrifiants envahissent l'espace des gens pour choquer. [...] Je préfère rire. Je préfère m'amuser. C'est ce que font les vrais clowns", tacle Randy Christensen, président de la World clown association (WCA), dans une interview à Vulture, repérée par Slate. Son association regroupe des clowns professionnels du monde entier et organise chaque année des conventions. "Nous comprenons qu'il y a un genre lié à l'horreur et que des gens adorent vraiment avoir peur mais notre but n'est pas de provoquer des cris d'horreur. Notre but est d'apporter des sourires et des rires" poursuit le président des clowns. Pour lui, les clowns terrifiants ne sont pas de vrais clowns tout comme "un médecin avec une tronçonneuse n'est pas un médecin."
En France aussi, la grogne monte du côté du monde du spectacle. Le directeur du cirque Pinder, Frédéric Edelstein, estime néanmoins que cette mode finira par vite passer. "Ceux qui font les méchants clowns finiront bien se faire attraper et quand ils seront derrière les barreaux, ce sera moins rigolo pour eux", confie-t-il à BFMTV. D'autres craignent que le phénomène aient un impact sur leurs chiffres d'affaires. "A l'approche des fêtes, ça va nous casser la baraque! Les organisateurs d'arbres de Noël, de marchés animés ou de fêtes d'écoles vont forcément être plus frileux pour faire appel à des clowns", déplore ainsi le clown Henry, joint par La Nouvelle république.
