Ils voulaient la libération de Medhi Nemmouche. Mercredi, plusieurs médias belges dont la RTBF et la chaîne flamande VRT, ont indiqué que les membres de la cellule djihadiste à l'origine des attentats de Paris et de Bruxelles avaient prévu de kidnapper des personnalités. Leur but: réclamer la libération de certains de leurs proches incarcérés en Belgique, dont le tireur du musée juif de Bruxelles.
Lors d'une perquisition menée après les attaques de Bruxelles, en mars, les enquêteurs belges avaient retrouvé un ordinateur portable dans une poubelle de la ville de Scharbeek, tout près de la planque du commando terroriste du 22 mars. L'ordinateur contenait l'enregistrement d'une conversation téléphonique, tenue entre les frères Ibrahim et Khalid El Bakroui, et Najim Laachraoui, les trois hommes qui se sont fait exploser à Bruxelles, ainsi qu'avec un responsable du groupe Etat islamique (EI) se trouvant en Syrie.
Pour la libération de "frères et de soeurs"
Les messages retrouvés sont adressés à un certain "Abou Ahmed". Selon les enquêteurs, il s'agirait d'un vétéran du djihad belgo-marocain d'une trentaine d'années, Oussama Atar. Selon la RTBF, l'homme serait passé par les geôles américaines d'Irak dans les années 2000. Dans ces conversations, les trois djihadistes qui vivent alors dans la clandestinité, proposent à leur interlocuteur plusieurs plans d'action.
Parmi eux, le kidnapping de personnalités, "une ou deux têtes", afin de réclamer en échange la libération de "frères et de soeurs" actuellement en prison. Najim Laachraoui égrène certains noms, dont celui de Medhi Nemmouche, l'auteur présumé de l'attentat au Musée Juif de Bruxelles qui avait fait 4 morts en mai 2014. Le djihadiste évoque aussi celui de Mohamed Bakkali, le logisticien présumé des attentats du 13 Novembre 2015 à Paris. Le parquet fédéral belge n'a pas voulu commenter ces informations.
Nemmouche et Laachraoui ont combattu ensemble
Si les attaques du Musée juif et celles de Bruxelles ne sont pas directement liées, Medhi Nemmouche et Najim Laachraoui ont combattu ensemble dans les rangs de l'Etat islamique. Ce dernier le décrit comme "un frère", selon la RTBF. Plusieurs femmes membres de la mouvance islamiste radicale, dont deux "égéries du jihad", Fatima Aberkan et Malika el-Aroud, sont actuellement incarcérées en Belgique.
Les trois djihadistes ne mettront pas leur plan à exécution, mais se feront sauter, dans la précipitation, le 22 mars à Bruxelles, faisant 32 morts et plusieurs centaines de blessés.
