Roms, Tsiganes, gens du voyage... Ces termes, souvent source de confusions et d'amalgames, recouvrent des modes de vie et des réalités culturelles très divers. Au sens large, les Roms constituent un peuple originaire de l'Inde qui a migré, il y a environ huit cents ans, notamment vers l'Europe. Sans Etat ni territoire défini, cette population compte actuellement environ 12 millions de personnes sur le Vieux Continent. Elles se répartissent en trois groupes principaux : les Roms "orientaux" - majoritairement roumains et bulgares - les Manouches, originaires des pays germaniques, et les Gitans, disséminés dans la péninsule Ibérique.

En France, la présence de "Bohémiens" est attestée dès le XV siècle. Manouches et Gitans y ont fait souche durant les siècles suivants. Fichés à partir de 1912, les "nomades" étaient tenus de faire valider leur carnet anthropométrique auprès des gendarmeries, à chaque déplacement. Ce recensement administratif a facilité leur internement arbitraire dans des camps, par le régime de Vichy, à l'automne 1940.

Aujourd'hui, 95% des 400 000 personnes issues de ces communautés sont citoyens français. Le terme juridique de "gens du voyage", sous lequel on les désigne depuis 1972, est impropre : seule une petite minorité pratique encore un "nomadisme économique" - forains, vendeurs ambulants, saisonniers...

Les Roms d'Europe de l'Est, eux, quasi tous sédentaires dans leurs pays d'origine, ont commencé à venir en France dans les années 1990, après la chute du Mur.