L'affaire DSK devait tout changer. Sous les coups de boutoir d'un néoféminisme déterminé à en finir avec le sexisme ordinaire et le machisme profond, la France était appelée à faire sa révolution. Las! Moins de trois mois plus tard, entre les vicissitudes du feuilleton judiciaire autour de Dominique Strauss-Kahn et la reprise d'une vie politique "normale", il ne reste plus grand-chose de cette insurrection culturelle au pays de la loi salique. Il serait pourtant dommage de remettre le couvercle du conservatisme sur la marmite du débat, et d'oublier ce qui a pu être dit, cinglantes vérités sur notre société, au plus fort de "l'affaire".
L'Express, fidèle à son parcours, a décidé de poursuivre l'étude des rapports hommes-femmes, un sujet frappé plus que d'autres par l'omerta: celles et ceux qui souffrent ne se plaignent pas souvent, craignant des brimades supplémentaires ou la moquerie collective; ceux et celles qui abusent offrent bien souvent un visage irréprochable qui ne suscite aucun soupçon.
Cependant, pour éradiquer les inégalités, il convient, au-delà des problèmes connus, de mettre sur la place publique les derniers tabous. Et d'assumer les surprises... C'est en montrant ce que nul n'ose évoquer qu'un journal remplit son rôle. Les rapports hommes-femmes en France ne sont pas un modèle immuable, bloc d'airain à usiner patiemment; ils muent, ils évoluent, pour le meilleur et pour le pire...
Violences et viols conjugaux, harcèlements et discriminations: la femme est, la plupart du temps, en position de victime. Cette réalité sociale, qui appelle encore bien des efforts politiques, ne doit pas cacher, néanmoins, que certaines femmes "virilisent" leur comportement. Pittoresque quand il s'agit de louer les services sexuels d'"escort boys", cette évolution s'égare parfois dans l'illégalité de l'inceste, de la pédophilie ou de la violence conjugale.
Heureusement, les rapports hommes-femmes, c'est aussi le monde du désir et du plaisir - aspect qui ouvre notre dossier. L'amour physique n'est pas épargné par les dérapages ni les dysfonctionnements, mais il est aussi le refuge de l'invention et de l'audace. Parce qu'il ne s'agit pas, malgré la réalité des problèmes et la virulence des rapports entre les sexes, de désespérer...
