Grâce à l'analyse des boîtes noires de l'A320 la Germanwings qui s'est écrasé dans les Alpes, le 24 mars, on connaît désormais le déroulé des derniers instants du vol GWI18G, entre 9h27 et 9h41, le moment du crash. C'est le Bureau d'enquêtes et d'analyse (BEA) qui a fourni les détails de ces quatorze dernières minutes. L'Express a choisi de retranscrire les onze dernières minutes durant lesquelles le sort des passagers est scellé.
L'Airbus A320 était parti de Barcelone à 9h00, en direction de Düsseldorf, avec 144 passagers à bord et six membres d'équipage. Le même équipage avait effectué le vol aller le matin même.
- 9 h 30 min 00, le commandant de bord, Patrick Sondheimer, a la dernière communication avec le contrôle aérien de Marseille. Il vient de se mettre en palier à l'altitude de croisière de 38 000 pieds (11 500 mètres).
- 9 h 30 min 08, le commandant de bord annonce au copilote, Andreas Lubitz, qu'il quitte le poste de pilotage. Il et lui demande de prendre en charge les communications radiophoniques.
- 9 h 30 min 24, des bruits d'ouverture puis de fermeture de la porte du poste de pilotage sont enregistrés. Le commandant de bord est sorti.
- 9 h 30 min 53, l'altitude sélectionnée au panneau de commande du pilote automatique passe en une seconde de 38 000 pieds à 100 pieds. Une seconde plus tard, le pilote automatique passe en mode de descente. L'avion commence à perdre de l'altitude et les régimes des deux moteurs diminuent.
- 9 h 31 min 37, des bruits de mouvements de siège de pilote sont enregistrés.
- 9 h 33 min 12, la gestion de la vitesse passe du mode "managé", c'est-à-dire gérée par le système de vol de l'avion, au mode "sélecté", donc obéissant aux consignes choisies par le copilote. La vitesse et le taux de descente de l'avion commencent à augmenter.
- 9 h 33 min 47, le contrôleur aérien, à Marseille, demande à l'équipage à quel niveau de croisière il a été autorisé. L'avion est alors à une altitude de 30.000 pieds, en descente. Pas de réponse de la part du copilote. Dans les trente secondes qui suivent, le contrôleur tente à nouveau de le contacter à deux reprises. Toujours pas de réponse.
- 9 h 34 min 31, le signal sonore de demande d'entrée dans au poste de pilotage est enregistré pendant une seconde.
- 9 h 34 min 38, le contrôleur tente à nouveau de contacter l'équipage, sans réponse.
- 9 h 34 min 47 puis 9 h 35 min 01, A deux reprises, le centre de contrôle de Marseille tente de contacter l'équipage, sans réponse. L'avion est alors à une altitude de 25 100 pieds, toujours en descente.
- entre 9 h 35 min 32 et 9 h 39 min 27, à quatre reprises, on entend le signal sonore d'appel du poste de pilotage depuis l'interphone de la cabine. Des bruits similaires à une personne tapant à la porte du poste de pilotage sont enregistrés à six reprises.
- entre 9 h 37 min 11 et 9 h 40 min 48, des voix lointaines sont perçues à plusieurs reprises, dont un appel demandant d'ouvrir la porte ;
- entre 9 h 35 min 07 et 9 h 37 min 54, le centre de contrôle de Marseille tente de contacter l'équipage à cinq reprises sur deux fréquences différentes, sans réponse ;
- entre 9 h 38 min 38 et 9 h 39 min 23, la défense aérienne française, ainsi que l'équipage d'un autre appareil tentent de contacter l'équipage à trois reprises, sans réponse ;
- des bruits similaires à des coups violents portés sur la porte du cockpit sont enregistrés à cinq reprises entre 9 h 39 min 30 et 9 h 40 min 28 ;
- 9 h 40 min 41, l'alarme sonore "Terrain, Terrain, Pull Up, Pull Up" de l'avertisseur de proximité du sol (GPWS) se déclenche et restera active jusqu'à la fin du vol.
- 9 h 40 min 56, une alarme de type "Master Caution" est enregistrée, puis à 9 h 41 min 00 une alarme de type "Master Warning" (alarme principale, ndlr) se déclenche et restera active jusqu'à la fin du vol.
- 9 h 41 min 06, l'enregistrement du CVR (Cockpit Voice Recorder, boîte noire enregistrant les bruits dans le poste de pilotage, ndlr) s'arrête. C'est le moment de la collision.
