Les associations Sherpa et Transparency International (TI-France), à l'origine des enquêtes menées sur le patrimoine "français" de certains présidents africains (dont le Gabonais Bongo et le congolais Sassou-Nguesso) saluent comme une victoire la décision de la juge d'instruction parisienne Françoise Desset de considérer comme "recevable" la plainte déposée en 2008 par TI-France.

Dans un communiqué diffusé mercredi matin, les deux associations, très actives sur le dossier dit des "Biens mal acquis" (BMA), rappellent que cette décision "permet l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge d'instruction". Selon le même communiqué, "il appartiendra à ce dernier de déterminer dans quelles conditions le patrimoine visé a été acquis et celles dans lesquelles les très nombreux comptes bancaires identifiés par les services de police ont été alimentés."

"Cette information, poursuivent Sherpa et TI-France, devrait aussi permettre de faire toute la lumière sur le rôle joué par les divers intermédiaires qui auraient pu faciliter la réalisation des opérations litigieuses. On pense notamment aux établissements bancaires identifiés dans l'enquête préliminaire et dont on peut questionner le respect de leurs obligations au titre des dispositions anti-blanchiment."

Plusieurs grandes banques françaises figurent parmi les établissements concernés: BNP, Société Générale, Crédit du nord... Sans oublier la Banque de France elle-même par laquelle ont transité d'importants virements destiné au fils du président de la Guinée-équatoriale.