Pour les fidèles, c'est un juste retour des choses. Pour les non-croyants, une belle revanche. Voilà longtemps, en tout cas, que les catholiques n'avaient connu une aussi bonne fortune. Après avoir été quasi unanimement salués cet été pour leurs interventions musclées contre la politique du gouvernement envers les Roms, ils sont désormais mis à l'affiche dans un film qui s'annonce comme le triomphe de l'année. De quoi souffler un peu, au terme d'une année marquée par des scandales pédophiles en cascade qui ont fait trembler le Vatican.
L'engagement de nombreux évêques en faveur des immigrés a rappelé la tradition d'accueil des chrétiens à l'égard des étrangers. Le grand public a découvert que l'Eglise, avant d'être une institution, était d'abord un message. Que demander de plus? "Notre époque oscille entre vision antireligieuse et véritable curiosité intellectuelle, note Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction de La Vie et auteur du livre Pourquoi le christianisme fait scandale (Seuil). Soit on considère le christianisme comme dogmatique, soit on le voit uniquement du côté de l'engagement personnel, spirituel et sincère, connoté positivement.
En réalité, les deux dimensions sont liées, comme le montre le film de Xavier Beauvois : les moines vivent selon une certaine règle, avec des voeux très précis et autour d'une communauté bien organisée." Si l'on peut s'attendre à un regain d'intérêt pour le monde monastique - dont les séjours de retraite spirituelle sont déjà très prisés... comme les délices gastronomiques - Jean-Pierre Denis n'en conclut "surtout pas que les églises vont maintenant se remplir".