Ils ne faisaient presque plus parler d'eux. Durant un été caniculaire où les préoccupations de pouvoir d'achat ont été rattrapées par les défis écologiques avec le réchauffement climatique, les antivax ont trouvé un nouvel élan pour se faire entendre. Face à la sécheresse qui sévit notamment dans le sud-est de la France, les contestataires appellent à la réintégration des pompiers non vaccinés. Mobilisés depuis plusieurs semaines pour contenir les départs de feu aussi bien dans les Landes qu'en Bretagne, les soldats du feu sont en souffrance.

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"C'est un message civique extrêmement important. Nous arrivons à un moment de fatigue pour les sapeurs-pompiers", alertait le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, mercredi 10 août, lors d'un déplacement dans l'Aveyron. Il appelait les entreprises à libérer les sapeurs-pompiers volontaires. Pas de message en revanche à l'adresse des troupes non-vaccinées, et ce malgré les besoins, puisqu'un appel à recrutement de 50 000 nouveaux soldats du feu a été lancé par la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.

La proportion de non-vaccinés est "infinitésimale"

Des voix s'élèvent pour contester cette décision et réclamer l'arrêt de la suspension des non-vaccinés. Notamment à l'Assemblée nationale. Plusieurs députés LR, dont leur président de groupe Olivier Marleix, ont ainsi demandé leur réintégration, suivis par le président du RN, Jordan Bardella, ainsi que par la cheffe de file des députés LFI, Mathilde Panot. Une mesure jugée anecdotique voire d'affichage, selon le représentant des sapeurs-pompiers, Grégory Allione, sur l'antenne de RMC.

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La proportion de non-vaccinés est "infinitésimale", a-t-il précisé en assurant que "moins de 2% des effectifs sur les pompiers volontaires" avaient choisi de ne pas recevoir de dose contre le Covid-19. Cela concerne 200 pompiers professionnels sur l'ensemble du territoire. Le porte-parole a également rappelé l'attachement de son corps de métier à la science : "La Fédération nationale est pour la vaccination. Nous avons eu la même problématique dans les années 1990, quand nous avons été obligés de nous vacciner contre l'hépatite B. Un certain nombre de collègues, et tout est respectable, n'ont pas souhaité se faire vacciner contre l'hépatite B. Ce n'est pas pour autant que nous n'avons pas continué la mission d'urgence de secours aux personnes."

Lynchage numérique

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De quoi faire enrager les antivax qui sont déchaînés sur un autre représentant des professionnels du feu. Le Niçois Eric Brocardi, directeur de la communication de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), affronte, depuis quelques jours, un déferlement de menaces de mort, de messages haineux et de cyberharcèlement. Il a pris position en défaveur de la réintégration des pompiers non-vaccinés. "Tout sapeur-pompier doit répondre à des exigences médicales. Certains ne peuvent être opérationnels parce qu'ils ne protègent plus assez la population. Il faut être cohérent : les sapeurs-pompiers eux-mêmes ont participé à la vaccination d'un quart de la population", a-t-il réaffirmé ce mercredi dans les colonnes de Nice Matin.

A rebours de ces menaces, le pompier a reçu de nombreux soutiens de la société civile niçoise, de ses collègues ainsi que de responsables politiques. Le président de la région Paca Renaud Muselier s'est indigné des attaques de "quelques antivax irresponsables" quand Gérald Darmanin parle d'agressions "insupportables". Grégory Allione s'est, lui, réjoui de l'appui apporté à son collègue Grégory Allione qu'il qualifie de "sapeur-pompier hors pair".