70 heures de travaux d'intérêt général pour avoir menacé de mort une ancienne journaliste de Charlie Hebdo, après ses propos sur l'islam. La condamnation pourrait se transformer en quatre mois d'emprisonnement si les travaux ne sont pas accomplis.
Sami B., 20 ans, étudiant en deuxième année de comptabilité gestion, devra effectuer sa peine sous 18 mois et a l'obligation de verser à Zineb El Rhazoui 2000 euros de dommages et intérêts et 1000 euros au titre des frais de justice.
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Lors de l'audience devant le tribunal correctionnel de Paris le 3 juillet, le parquet avait requis huit mois d'emprisonnement avec sursis. "Il faut que l'islam se soumette à la critique, (...) qu'il se soumette aux lois de la République", avait lancé l'ancienne journaliste de Charlie Hebdo sur CNews en décembre, après l'attentat de Strasbourg.
"On ne peut pas venir à bout de cette idéologie en disant aux gens "l'islam est une religion de paix et d'amour et c'est juste le terrorisme qui est mal"", avait ajouté la journaliste indépendante. Elle avait alors subi une vague de propos "agressifs, violents et menaçants", avait rappelé la présidente du tribunal.
"Pas des paroles inconséquentes"
Six personnes avaient été retrouvées, avec la collaboration de Twitter. Outre Sami B., une jeune femme de 18 ans sera jugée en janvier 2020 pour menaces de mort. Sami B. a été condamné pour avoir tweeté "PTN (putain) j'ai envie de lui mettre 46 boulets dans son crâne".
Il avait par la suite supprimé son tweet, de peur que cela lui porte préjudice pour sa carrière. "C'étaient des menaces que je n'allais pas mettre à exécution", avait-il déclaré, indiquant ne pas connaître l'histoire particulière de Zineb El Rhazoui au moment du tweet.
"Je peux comprendre qu'avec sa situation et son histoire elle se sente menacée dans sa personne", avait-il ajouté. En vacances au moment de l'attaque contre Charlie Hebdo qui avait fait 12 morts le 7 janvier 2015, la journaliste vit depuis sous protection policière constante.
"Ce type de menaces a fait basculer nos vies, celles de nos enfants et de nos familles", avait-elle témoigné. "Pour nous ce ne sont pas des paroles inconséquentes. Je ne me sens pas menacée, je le suis". Le tribunal avait rappelé la gravité des menaces, qui créent un climat favorable au passage à l'acte d'autres personnes.
