A la demande de Laura Smet et David Hallyday, le tribunal de Paris, en formation de référé, a décidé de geler 37,5% des redevances générées par la vente des albums de leur père Johnny Hallyday, notamment le dernier qui remporte un franc succès dans les bacs. La décision s'impose aux trois maisons de disques Warner, Universal et Sony, mais également à Laeticia Hallyday, ses filles Jade et Joy, ainsi qu'à la Société BornRocker, créée sur le sol américain. 37,5%, et non pas 75% comme le demandaient Laura et David, car les juges ont calibré leur décision sur la part des deux premiers enfants sans leurs deux jeunes demi-soeurs, si le droit français s'appliquait.

Cette décision correspond à un troisième front judiciaire, ouvert par les deux aînés de Johnny, à Paris cette fois, après les assignations déposées en février à Nanterre (Hauts-de-Seine) et en juillet en Californie. Le 13 avril, par une décision du tribunal de Nanterre, Laura et David avaient déjà obtenu le gel de la succession sur le sol français, notamment les villas de Marne-La Coquette (Hauts-de-Seine) et de Saint-Barthélemy (Outre-Mer), mais aussi des droits d'auteurs.

Le combat judiciaire sera long

Les positions des deux camps ne se sont pas rapprochées. Laura Smet et David Hallyday estiment que leur père ne pouvait pas les déshériter, car le droit français de l'autorise pas. Au contraire, Laeticia Smet soutient que le testament de 2014 signé par son mari et régi par la loi californienne la rend bénéficiaire de tout l'héritage, conformément aux voeux du rockeur. Le 13 novembre, les juges de référé de Nanterre n'ont pas tranché mais ont estimé que les arguments des deux aînés du chanteur étaient "sérieux", parce que leur père présentait des liens manifestement plus étroits avec la France qu'avec la Californie.

Ces deux succès judiciaires de Laura Smet et David Hallyday ne permettent pas de prévoir ce que les tribunaux jugeront au fond tant en France qu'aux Etats-Unis. La première audience est programmée le 22 mars à Nanterre. Mais auparavant, le 22 janvier, la justice californienne écoutera également les arguments juridiques des deux parties. Ce qui risque de rendre encore plus complexe la guerre d'avocats entre Laura et David, d'un côté, Leaticia, de l'autre.