Face à la campagne publicitaire Cetelem qui mettait en scène son sosie raté, Michel Polnareff a gagné son procès. Le tribunal lui a alloué 10 000 euros de dommages et intérêts, quand il en réclamait plus d'un million.
Dans cette campagne publicitaire, dont le slogan est "Il ne suffit pas de ressembler à Cetelem pour faire du Cetelem", on pouvait voir un homme en caleçon blanc et cravate, bardé de notes vertes, qui s'évertuait à ressembler à la mascotte de Cetelem "Crédito", le jovial petit personnage en pelouse à la tête ronde. Autour de lui, un sosie approximatif de Michael Jackson, une Marilyn Monroe un peu épaisse et... un faux Michel Polnareff en marcel, ukulélé en mains, blonde chevelure frisée et lunettes noires sur montures blanches.
Michel Polnareff, "horrifié" par sa caricature
Ces spots n'ont pas fait rire l'auteur de "La poupée qui fait non". Comme l'avait déclaré son avocate en avril 2015, il a été "horrifié" et a attaqué devant le tribunal de grande instance de Paris. Comme le résume la 17e chambre civile dans sa décision rendue mercredi, il "se plaint de l'utilisation, sans son autorisation, de son image par le biais du personnage créé", lequel "utilise ses 'accessoires notoires' et son 'identité physique marquante' afin de lui ressembler, personnage qui le ridiculise".
Pour le tribunal "la reprise des attributs du chanteur (...) implique (...) la reprise de la célébrité et de l'image" de Michel Polnareff, alors même qu'il n'y aurait effectivement pas de confusion entre le personnage des films publicitaires".
Quant à la caricature, le tribunal a estimé que, si le personnage des publicités "présente effectivement un certain ridicule, il ne peut être considéré que ce ridicule rejaillit sur Michel Polnareff, dès lors que ce personnage se distingue du chanteur". "Aucune atteinte à la dignité ne peut non plus être caractérisée".
Ainsi, BNP Paribas Personal Finance, qui gère la marque Cetelem, et l'agence de publicité TBWA ont été condamnées solidairement à verser au chanteur 10 000 euros pour l'utilisation de son image, et 4000 euros pour ses frais de justice.
