Plusieurs dizaines d'avocats bloquaient ce lundi matin les entrées du tribunal de Paris pour protester la réforme de leur régime autonome de retraite, créant une file d'attente d'une centaine de personnes, a constaté une journaliste de l'AFP.
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Toutes les entrées du tribunal de Paris, celles du public et des professionnels de la justice étaient bloquées lundi matin dans le quartier des Batignolles, quelques heures avant le début du procès de François Fillon où 200 journalistes sont attendus.
Munis de banderoles "Avocats en colère" et de drapeaux du Syndicats des avocats de France (SAF), les dizaines d'avocats en robe chantaient et criaient leur mécontentement au micro, dans une ambiance globalement calme sans la présence de forces de l'ordre. Les quelques personnes qui arrivent à se faufiler dans le tribunal sont huées par les avocats.
"On a repris nos droits"
"On est arrivé à 8h et on entend rester là jusqu'à ce qu'on nous dégage", a déclaré Julia Courvoisier, une avocate gréviste, mégaphone en main. "On a repris nos droits au tribunal judiciaire de Paris, on bloque l'entrée", a-t-elle dit.
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Après six semaines d'une mobilisation sans précédent, les discussions sont dans l'impasse avec le gouvernement et les juridictions sont asphyxiées par la stratégie de défense massive des robes noires à l'audience.
Ce lundi matin, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet regrettait sur RTL le manque de dialogue avec les avocats : "Lorsque nous avons fait venir les avocats à la table des discussions, cela a toujours été très difficile d'obtenir un positionnement car ils refusent d'entrer dans le système universel". "Il ne peut pas y avoir un système universel pour 70 millions de Français sauf pour 70 000 avocats", a-t-elle ajouté.
