L'affaire dite du Carlton de Lille ne sera-t-elle bientôt qu'un mauvais souvenir pour Dominique Strauss-Kahn? Après le volte-face de certaines parties civiles, le procureur a requis, ce mardi, "la relaxe pure et simple" du prévenu le plus célèbre de l'affaire.

Dans un réquisitoire exemplaire, le représentant du ministère public a redit qu'il travaillait "avec le code pénal et non le code moral". L'homme en robe a aussi rappelé, avec colère, la demande de non-lieu faite à la fin de l'instruction. A l'époque, sa requête avait provoqué un tollé dans l'opinion publique.

"Présomption de culpabilité"

Ce préambule posé, Frédéric Fèvre a estimé que sans Dominique Strauss-Kahn, "cette affaire aurait été jugée depuis longtemps" et dans "l'indifférence générale", comme n'importe quelle autre affaire de proxénétisme.

"Un homme puissant serait-il nécessaire coupable, a ensuite questionné le procureur. Avant d'ajouter: "La notoriété ne doit être en aucun cas une présomption de culpabilité".

Le représentant du ministère public s'est ensuite attaché à démonter méthodiquement l'accusation retenue contre l'ancien directeur général du FMI. "Ni l'information judiciaire, ni l'audience" n'ont permis d'établir l'infraction de proxénétisme aggravé pour DSK, a-t-il estimé.

"Etait-il l'organisateur des soirées? La réponse est non."

"A-t-il bénéficié de la prostitution? La réponse est non."

"A-t-il payé des prostituées? La réponse est non."

"A-t-il abrité la prostitution d'autrui? La réponse est non."

"Si je suis condamné, je fais appel"

A l'issue de ces réquisitions, Dominique Strauss-Kahn n'est plus qu'à un pas de la relaxe. La décision du tribunal correctionnel de Lille doit encore, après les plaidoiries de la défense, être mise en délibéré. Sauf coup de théâtre, le jugement devrait suivre le réquisitoire du procureur.

DSK pourrait néanmoins ne pas échapper à un procès en appel dans ce feuilleton judiciaire. En effet, Dodo la Saumure, le proxénète belge renvoyé pour proxénétisme aggravé, a dores et déjà signifié aux journalistes présents à Lille: "Si je suis condamné, je fais appel."