Dernière ligne droite pour Dominique Strauss-Kahn dans le procès du Carlton de Lille. Au troisième et dernier jour d'audition, l'ancien patron du FMI a contesté que les termes codés, "matériel" ou "cadeau", parfois employés pour désigner les femmes participant à ses virées, justifient qu'il soit accusé de proxénétisme ou d'avoir été l'instigateur d'un réseau. Le tribunal n'a pas vraiment eu à y redire.

"Veux-tu venir découvrir une magnifique boîte coquine à Madrid avec moi et du matériel?", déclare ainsi DSK à son ami Fabrice Paszkowski dans un des nombreux SMS exhumés du dossier par le tribunal de Lille. L'ancien patron du FMI, qui avait déjà admis, durant l'instruction que ces termes n'étaient pas très heureux, lève les yeux au ciel à la lecture de ces échanges et s'explique.

"C'est moi qui m'adaptait à leurs horaires"

Il s'appuie ainsi sur certains textos, dans lesquels il parle de "passer" à un dîner auquel il est invité, pour démontrer que, selon lui, il n'est pas l'instigateur de ces soirées visées par le dossier. "C'est moi qui m'adaptais à leurs horaires mais pas le contraire."

"Effectivement, dans l'ordonnance de renvoi, votre rôle d'instigateur est en partie motivé par ces SMS", lui rétorque le président. Pour DSK, cravate cramoisie et costume sombre, "ça n'a pas de sens". "C'est effectivement un vocabulaire de corps de garde, mais ces SMS ne sont pas destinés à être lus par d'autre, on se lâche un peu."

Le prête-nom et l'appartement

Après avoir beaucoup disserté sur le fait de savoir si les prévenus, l'ancien directeur du FMI et le commissaire Jean-Christophe Lagarde principalement, étaient au courant que les participantes à leurs rencontres "libertines" étaient des prostituées, le tribunal s'est penché sur des faits plus concrets.

L'un des reproches faits à DSK est d'avoir mis à disposition un appartement à Paris pour l'organisation de soirées en présence de prostituée. Appartement loué par un prête-nom. Or l'une des infractions caractérisant le proxénétisme est précisément de "tenir à la disposition d'une ou plusieurs personnes des locaux ou emplacements non utilisés par le public, en sachant qu'elles s'y livreront à la prostitution".

"C'est une affaire très simple, monsieur le président, vous l'avez d'ailleus résumée en deux minutes trente", déroule DSK. Il raconte qu'il avait besoin de ce lieu pour recevoir discrètement des partenaires politiques et, il l'admet, des jeunes femmes en vue d'avoir des relations sexuelles. Pourquoi l'avoir caché? "J'étais à l'époque, rappelle l'ancien ministre, marié." C'est pour cette raison qu'il "demande à un copain de le louer". Il réitère que l'appartement servait à recevoir des libertins, et rien que des libertins, puisqu'il ignorait que certaines jeune femmes étaient rémunées pour leur prestation.

Tourner la page DSK

Après une nouvelle audition de Joël Specque, ancien chef de la brigade criminelle jusqu'en octobre 2010, sur la question d'écoutes administratives, le tribunal prévoit de tourner ensuite la page DSK. Il se consacrera ensuite au volet des escroqueries dans ce procès à tiroirs qui s'est ouvert le 2 février et doit se terminer le 20.