"Je suis serein"
A son arrivée au tribunal, lundi 15 juin, Nikola Karabatic est vêtu d'un T-shirt bleu et d'un pantalon beige. Il ne souhaite pas s'exprimer, et annonce à la presse qu'il parlera "après le procès".
Maintient-il sa version des faits? "Oui", répond simplement à un journaliste le joueur qui nie toute implication dans les paris en question. "Je suis serein, je suis venu pour être jugé", ajoute-t-il lors d'une suspension d'audience.
"L'information judiciaire, elle, est truquée"
Jean-Robert N'Guyen Phung, l'un des avocats des frères Karabatic, a demandé en ouverture du procès l'audition du juge d'instruction de l'affaire. "Je ne sais pas si le match est truqué, mais l'information judiciaire, elle, est truquée", a plaidé le conseil.
Il a également demandé l'annulation de l'information judiciaire pour une procédure en dehors des clous. Ces points procéduraux ont tous été battus en brèche par le président.
Nikola, "lui, a une éthique"
Les questions de procédure balayées, le tribunal est passé à l'examen du dossier. A la barre, le 16 juin, la compagne de Nikola Karabatic, également prévenue, a dédouané l'étoile du handball français.
"Je ne lui ai pas parlé de mes intentions (de parier) (...) Il se serait fermement opposé, parce que, lui, a une éthique", a déclaré Géraldine Pillet.
Sur les raisons de son acte, elle assure: "Je l'ai fait pour le jeu, pour l'appât du gain." Avant de concéder, "si c'était à refaire, je ne le referais pas."
"J'étais très en colère"
Le mercredi 17, la parole est à Nikola Karabatic. "Je ne parierais pas sur mon sport (...) et j'étais très en colère" en apprenant que des paris avaient été pris par sa compagne et des coéquipiers, a assuré l'international français.
"Ce qui m'a le plus touché, c'est qu'on puisse penser que j'ai truqué un match, c'est inadmissible. Tous ceux qui me connaissent savent que je ne veux pas perdre, c'est dans ma nature", a ajouté le joueur du FC Barcelone.
"J'aurais aimé que le match soit analysé par de vrais spécialistes"
Le lendemain, le prévenu le plus célèbre s'avance à la barre à sa demande. Des experts intervenus dans l'enquête judiciaire sont entendus par le tribunal correctionnel. "Ce que je voulais dire, c'est que le handball n'est pas un sport de statistiques. Se dire expert du handball, ce n'est pas facile". Il poursuit: "J'aurais aimé que le match soit expertisé par de vrais spécialistes, un entraineur ou des joueurs de haut niveau."
"Je n'ai pas vu de tricherie"
C'est chose faite le le 19 juin. Ce vendredi-là, les entraineurs, les arbitres et un journaliste de Canal+ affirment qu'ils n'ont rien constaté d'anormal lors du match du 12 mai 2012 présumé truqué, entre Cesson et Montpellier. "Il est impossible de voir des gestes délibérés dans ce match", a affirmé le technicien montpelliérain Patrice Canayer. "Je n'ai pas de tricherie".
"Trop de hasard tue le hasard"
Les faits sont tenaces pour Me Thierry Herzog. Lors des plaidoiries des parties civiles, l'avocat de la SDJ, le lundi 22 juin, a fait valoir les chiffres accablants de l'affaire - "15 détaillants sur 25 000 vont enregistrer 99% des prises de paris". Il ne croit pas une seconde à la simple coïncidence avancée par les accusés . "Bien sûr le hasard existe en matière judiciaire, mais trop de hasard tue le hasard", a-t-il insisté.
"Vous avez cautionné tout ça"
Lors de ses réquisitions, le procureur Patrick Desjardins n'a pas épargné Nikola Karabatic. "Il n'y aucun pari qui a été pris dans votre dos!", lui a-t-il lancé. "Vos réponses ont été d'une grande pauvreté", a déploré le magistrat, estimant qu'il avait fait un choix de défense qui n'a "ni queue ni tête". Il a requis 3 mois de prison avec sursis et 30 000 euros d'amende contre lui.
"De gré ou de force"
Le 25 juin, la défense a dénoncé une "instruction surréaliste". "On a voulu faire tomber Nikola" Karabatic... "On essaye de le raccrocher de gré ou de force à ce dossier, c'est absurde!"
