C'est un conflit sans fin qui oppose Johnny Hallyday à son ex-épouse Adeline Blondieau. Mais le chanteur vient de remporter un round important face au tribunal correctionnel de Paris. Selon les juges, la description qu'il fait d'Adeline dans son autobiographie Dans mes yeux (Plon, 2013) n'est pas de nature diffamatoire, comme elle l'en accusait.
Des propos "trop imprécis" pour être diffamatoires
Le procès portait sur trois passages du livre, coécrit avec la romancière Amanda Sthers. Dans le premier, Johnny raconte qu'Adeline l'aurait piégé pour l'épouser en 1990. "Quelle que soit l'appréciation qui puisse être portée sur une telle hypothèse, la personne 'piégée'", Johnny Hallyday, étant alors un "adulte consentant alors âgé de 46 ans", quand Adeline en avait 18, le tribunal correctionnel de Paris a estimé ces propos trop imprécis pour être considérés comme diffamatoires.
Dans le deuxième, Adeline Blondieau y est décrite comme colérique et invivable. "Traits de caractère dont la démonstration ou la réfutation ne sont pas envisageables sur le terrain de la diffamation", répond le tribunal.
Quant à l'infidélité prêtée à Adeline, "un serpent" qui, selon Johnny, le "trompait avec tous les petits mecs de Saint-Tropez et jouait les saintes-nitouches", les juges soulignent que "l'évolution des moeurs depuis plusieurs dizaines d'années ne permet plus de considérer une telle attitude comme portant atteinte à l'honneur ou à la considération".
Un divorce "conflictuel et médiatisé"
Pour le troisième passage, dans lequel il est affirmé qu'Adeline aurait exercé un chantage, ou tenté de le faire pour contraindre Johnny à lui laisser un appartement en commun, le tribunal estime d'une part que de tels faits ne sont pas punissables quand ils sont commis au préjudice d'un conjoint.
D'autre part, dans une procédure de divorce "conflictuelle et médiatisée", "où chacune des parties a à coeur de défendre ses intérêts et est à même d'instrumentaliser la presse afin de préserver sa réputation tout en égratignant celle de l'autre, sans que le public soit à même de distinguer le vrai du faux, il n'apparaît pas que les pressions ainsi exercées, à supposer même qu'elles soient exactes, soient véritablement de nature à porter atteinte à l'honneur ou à la considération de la partie civile".
Une procédure reste en cours
Présent ce mardi au délibéré, Me Alexandre Blondieau, avocat et frère d'Adeline, a jugé "surprenant" que le tribunal ait écarté la diffamation, là où le juge des référés l'avait retenue, dans une décision rendue en mars 2013. Adeline avait alors obtenu un euro de dommages et intérêts pour diffamation, et la même somme pour atteinte à la vie privée. Sur ce dernier fondement, une procédure reste en cours devant le tribunal de grande instance de Nanterre, a précisé Me Blondieau.
Lors du procès, qui s'est tenu le 22 septembre, la comédienne de la série Sous le soleil a accusé à l'audience Johnny de l'avoir violée quand elle était adolescente. Une accusation portant a priori sur des faits trop anciens pour être poursuivis, et que Johnny a dénoncé via son avocat comme "sans fondement".
