Ces derniers mois, le marché de la cocaïne en France est en pleine montée. Récemment, les saisies se sont multipliées: 840 kg de "poudre blanche" interceptés par la police portugaise début septembre sur un voilier battant pavillon français dans l'archipel des Açores, une tonne et demie découverte par les Douanes sur un voilier au large de la Martinique en juillet, une demi-tonne saisie en mars, sur un porte-conteneurs à Marseille...

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La dernière saisie en date a eu lieu vendredi: 752 kg de cocaïne ont été découverts par les douaniers dans un conteneur du port du Havre, en Seine-Maritime.

De la poudre venue de Bolivie, de Pérou et surtout de Colombie

"A l'ouverture du conteneur, les agents découvrent la présence de sacs de sport positionnés en lieu et place de cartons de marchandises licites (...) La valeur totale de la marchandise est estimée à plus de 30 millions d'euros", selon le ministère de l'Action et des Comptes Publics. L'enquête a été confiée au service régional de police judiciaire (SRPJ) de Rouen.

Aujourd'hui, tout porte à croire qu'en 2018, les volumes de cocaïne importés en France et en Europe ne faibliront pas.

"C'est un marché très dynamique car il y a une augmentation importante de la production dans les trois pays andins qui produisent 98% de la cocaïne consommée dans le monde: Bolivie, Pérou et surtout Colombie", où les surfaces cultivées ont triplé ces cinq dernières années, explique Vincent Le Beguec, le chef de l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis).

65 euros le gramme

Avec un prix à la sortie du laboratoire sud-américain estimé à 1000 euros le kg pour une revente sur le marché français de demi-gros à 30 000 euros, la cocaïne très pure, peut même encore être recoupée et aiguise les appétits des trafiquants. En particulier ceux des cités historiquement spécialisés dans l'importation du cannabis en provenance du Maroc.

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"Les réseaux français sont très tournés vers l'international, d'où des alliances avec des groupes criminels étrangers pour l'approvisionnement. Il y a une grande flexibilité et grande adaptabilité", précise Vincent Le Beguec.

Disponible et pur comme rarement depuis le début de la décennie, selon un récent rapport de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), le gramme de cocaïne atteint un prix médian de 65 euros en France. "Les réseaux se sont multipliés, principalement dans les grands centres urbains de la métropole mais également vers les villes moyennes", détaille le Service d'information, de renseignement et d'analyse stratégique sur la criminalité organisée.

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Produit illicite le plus consommé en France après le cannabis, selon l'Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT), la cocaïne comptait dans l'Hexagone 2,2 millions d'expérimentateurs et 450 000 usagers, de tous les milieux.

Des importations par la mer, par la route ou par les airs

Trois vecteurs d'importation sont principalement ciblés par les services en charge de la lutte anti-drogue. D'abord, le "maritime" avec les bateaux, les conteneurs et les ports. En 2017, 3,5 tonnes ont été saisies dans le port du Havre, chiffre qui reste cependant très loin des niveaux atteints à Anvers (Belgique), où les autorités ont mis la main sur 42 tonnes de cocaïne.

Deuxième catégorie de saisie: la route, avec des camions venant d'Europe de l'Est ou des voitures de tourisme en provenance des Pays-Bas. Enfin "l'aérien", via des bagages ou des mules.

En 2017, 1,7 tonne a été saisie par la seule police nationale dans les aéroports (hors douanes), tandis que 608 passeurs, dont 250 convoyant la drogue après l'avoir ingéré, ont été interpellés au départ ou à l'arrivée de Guyane.