Georges Tron sur le banc des accusés. La Cour de cassation a validé son renvoi aux assises pour viols sur deux anciennes employées de sa mairie de Draveil, dans l'Essonne. Et ainsi rejeté son pourvoi en cassation.
L'ancien secrétaire d'Etat à la Fonction publique doit tenir un point presse cet après-midi. Mais l'avocat des deux plaignantes, Me Patrice Spinosi, s'est déjà déclaré "très satisfait" de cette décision. Retour sur un scandale sexuel qui a secoué la sphère politique en 2011.
De quoi est-il accusé?
Le 25 mai 2011, Virginie Faux et Eva Loubrieu, deux ex-employées municipales accusent le maire et son adjointe de viols et d'agressions sous couvert de réflexologie et de massages thérapeutiques des pieds.
La première plaignante raconte une scène d'agression qui se serait passée le 12 novembre 2009: "Monsieur Tron m'a remonté ma jupe et a passé la main dans ma culotte. Je n'avais aucune réaction, tétanisée par le fait que je ne m'attendais pas à ça. J'espérais qu'il allait arrêter. De toute façon il a bien vu que je ne prenais pas de plaisir. Il a écarté mes lèvres et a mis son doigt. Quand il a vu que je n'avais aucune réaction, il a enlevé ses mains et il s'est mis à caresser Brigitte."
Eva Loubrieu reconnait avoir eu la même absence de réaction: "Je me suis laissée caresser dans la promesse d'être embauchée, ce qui se réalisera le 10 janvier 2007. De ce déjeuner jusqu'à mon embauche, il me faisait convoquer dans son bureau et une fois dans son bureau, sous prétexte de réflexologie, il se mettait à me caresser le long des jambes, sur la poitrine, le dos, les épaules. Comme j'étais très coincée il n'est pas parvenu à me mettre la main dans la culotte mais il a essayé. Chaque fois il fermait la porte capitonnée de son bureau à clé."
Le scandale oblige Georges Tron à démissionner du gouvernement. Il perd la mairie de Draveil l'année suivante.
Sur quoi se prononçait la Cour de cassation?
Après deux ans et demi d'enquête, Georges Tron a bénéficié d'un non-lieu en 2013. Les juges d'instruction ont estimé qu'il n'y avait pas matière à le renvoyer devant les assises.
Mais les plaignantes ont fait appel, et la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a décidé le 15 décembre dernier de renvoyer l'ex-secrétaire d'Etat devant les assises avec son ex-adjointe à la Culture, Brigitte Gruel.
Le parquet, puis le parquet général, s'étaient prononcés en faveur du non-lieu.
Georges Tron, 57 ans, clame son innocence et dénonce un complot politique ourdi par ses adversaires d'extrême droite.
Lors de l'audience de mercredi, les avocats des accusés avaient fait valoir que les "mensonges" des plaignantes ont surgi peu après l'éclatement de l'affaire du Sofitel impliquant Dominique Strauss-Kahn, un "effet d'aubaine".
