Trois jours après la tuerie de Saint-Just (Puy-de-Dôme), provoquant la mort de trois gendarmes et blessant grièvement un quatrième, le profil du tireur reste incomplet. Frédérik L., survivaliste persuadé de la fin du monde prochaine, tireur amateur et lourdement armé au moment des faits, était également connu pour des incidents liés à des problèmes de garde d'enfant a révélé mercredi soir le procureur de la République de Clermont-Ferrand Eric Maillaud. Mais à sa connaissance, pas pour des violences conjugales.
Un témoignage vient remettre en question ce dernier point. Selon des confidences recueillies par le Dauphiné Libéré, la première femme de Frédérik L. assure qu'il était dangereux. "J'avais lancé des alertes, des dizaines ! Je savais qu'il était dangereux", confie-t-elle à propos de l'homme qui s'est donné la mort peu de temps après la fusillade. "J'ai même écrit à Marlène Schiappa (alors secrétaire d'État chargée de l'Égalité femmes-hommes). Rien n'a été fait. On m'a dit à chaque fois qu'il allait certainement se calmer", explique-t-elle.
La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté a tenu à réagir face à ces propos, samedi, dans la soirée. "Après recherches ces 25 et 26 décembre ni la Préfecture ni le Bureau des courriers de Matignon (...) n'avaient, à ce stade, de trace de la lettre évoquée", écrit-elle dans un communiqué diffusé sur Twitter. Elle réfute au passage toute parole minimisant la dangerosité de l'homme. "Ce n'est évidemment aucunement le cas et nous le démentons fermement, cette réponse est inappropriée : toutes les formes de violences doivent être prises au sérieux."
Des menaces de mort
"Beaucoup de gens savaient qu'il avait un problème, personne n'a rien fait...", poursuit l'ex-compagne au quotidien régional, ajoutant avoir déposé des plaintes pour menaces de mort contre Frédérik L., classées sans suite. Elle assure enfin que l'actuelle compagne de Frédérik L., que les gendarmes venaient secourir, elle non plus, "ne l'avait pas crue".
Interrogée sa relation avec lui, elle confirme les penchants de son ex-compagnon pour les "stages de survie". Son comportement avec les femmes aurait basculé en 2012. C'est aussi à cette date que cette femme interrompt sa relation avec Frédérik L. Après avoir eu une fille ensemble.
D'après l'AFP, le corps du tireur devrait être autopsié "en début de semaine prochaine" à l'institut médico-légal de Saint-Etienne. "D'après les premiers examens, il y a une perforation allant du tympan droit au tympan gauche. Il était droitier ; il avait son Glock à la main droite lorsqu'on l'a retrouvé allongé à côté du véhicule", a poursuivi Eric Maillaud, estimant que ces constatations orientaient les enquêteurs vers la piste du suicide.
Jeudi, une cagnotte en ligne a été lancée par la fondation Maison de la gendarmerie pour venir en soutien aux familles des trois gendarmes tués lors de l'intervention, a indiqué France Bleu. Celle-ci croulerait sous les dons, selon le message affiché sur sa page d'accueil. "Au vu du nombre de connexions pour réaliser un don au profit des familles des gendarmes décédés (Puy-de-Dôme), il se peut que vous ne puissiez pas atteindre la page de don immédiatement. Nous vous remercions de différer votre don de quelques heures."
