L'identité des frères Kouachi aurait dû rester secrète jusqu'à leur arrestation. En pleine traque des auteurs de l'attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, la diffusion de leur nom avait ruiné "tout espoir de surprise", selon les mots du procureur François Molins. Les responsables de cette fuite, un ancien du renseignement extérieur, Pierre Martinet, et le journaliste Jean-Paul Ney ont été condamnés ce mercredi à 3000 euros d'amende.
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Le tribunal correctionnel de Paris les a déclarés coupables de recel de violation du secret de l'enquête. En revanche, les juges ont estimé que la photo de la carte d'identité de Saïd Kouachi n'était pas nécessairement issue d'une violation du secret de l'enquête, "aucun élément ne permettant de déterminer sa traçabilité".
La diffusion d'un avis de recherche des deux tueurs
L'une des policières poursuivie pour l'envoi de la seule photo de cette carte d'identité a été relaxée. La seconde policière poursuivie a également été relaxée, car il existe des "doute sur la matérialité même de l'envoi" des documents litigieux.
Les deux hommes avaient diffusé un avis de recherche des deux tueurs et d'un supposé complice, le beau-frère de Chérif Kouachi, finalement rapidement mis hors de cause. En août, il a été mis en examen et placé en détention provisoire, car soupçonné d'avoir voulu se rendre en Syrie pour faire le djihad.
"Impératif prépondérant de sécurité publique"
Jean-Paul Ney avait notamment tweeté un cliché de la carte d'identité de Saïd Kouachi, en écrivant: "On vous tiens (sic) enfants de putain". Là où Jean-Paul Ney a justifié sa démarche par un "impératif prépondérant de sécurité publique", parlant de "chaîne de solidarité policière et citoyenne", la magistrate du parquet l'a étrillé, estimant qu'il "sort complètement de son rôle".
De son côté, Pierre Martinet avait assuré qu'il tenait de Jean-Paul Ney les documents qu'il avait diffusés sur Facebook. Quant aux policières, en poste en province, l'une conteste avoir envoyé les documents litigieux, tandis que l'autre a assuré ne l'avoir fait que pour s'assurer de leur authenticité auprès de Pierre Martinet.
L'enquête confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", n'a pas permis de remonter jusqu'à la fuite initiale, celle qui avait permis aux deux policières poursuivies d'avoir les copies des documents.
