C'est le seul membre encore en vie des commandos djihadistes du 13-Novembre. Salah Abdeslam est jugé à partir de ce lundi en Belgique, pour un procès aux mesures exceptionnelles en coopération avec la France, où il était actuellement incarcéré.

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Sécurité exceptionnelle

Pour sa première comparution publique, pour une fusillade à Forest (dans l'agglomération de Bruxelles) lors de sa cavale en mars 2016, un lourd dispositif de sécurité a été déployé. Il permet notamment d'effectuer son transfèrement vers Bruxelles depuis la prison de Fleury-Mérogis, en région parisienne, où il était jusque là maintenu à l'isolement et sous vidéosurveillance 24 heures sur 24.

French police officers escort a convoy understood to be transporting Salah Abdeslam, the prime suspect in the November 2015 Paris attacks, from Fleury-Merogis prison in the southern suburbs of Paris, to the "Palais de Justice" courthouse in Brussels for the opening of his trial on February 5, 2018.
Belgium was on high alert on February 5 as the last surviving suspect in the 2015 Paris attacks, Salah Abdeslam, stands trial in Brussels over a shootout that led to his capture. / AFP PHOTO / Zakaria ABDELKAFI

French police officers escort a convoy understood to be transporting Salah Abdeslam, the prime suspect in the November 2015 Paris attacks, from Fleury-Merogis prison in the southern suburbs of Paris, to the "Palais de Justice" courthouse in Brussels for the opening of his trial on February 5, 2018. Belgium was on high alert on February 5 as the last surviving suspect in the 2015 Paris attacks, Salah Abdeslam, stands trial in Brussels over a shootout that led to his capture. / AFP PHOTO / Zakaria ABDELKAFI

© / AFP PHOTO / Zakaria ABDELKAFI

Un premier convoi de véhicules de gendarmes d'élite du GIGN a quitté la prison avant 4h du matin, avant un second groupe une vingtaine de minutes plus tard. Il n'était pas possible d'identifier les passagers et d'établir s'il s'agissait effectivement du convoi du prisonnier.

De source proche du dossier, il est arrivé quatre heures plus tard au palais de justice de Bruxelles, transformé en camp retranché avec des véhicules blindés légers, plusieurs niveaux de cordons de sécurité et de contrôles d'identité.

Des militaires armés et cagoulés sont visibles sur place. Pour compléter ce rare dispositif de sécurité, un hélicoptère survole l'imposant bâtiment du 19e siècle -dont la façade est en travaux- avec un projecteur. C'est là qu'il est jugé jusque vendredi (avec relâche mercredi).

Des dizaines de journalistes spécialement accrédités formaient déjà une longue file d'attente dès les premières heures de la matinée, afin de pouvoir assister au procès en correctionnelle de Salah Abdeslam. Il apparaît au sein d'une cellule djihadiste accusée d'au moins trois dossiers terroristes majeurs: outre les attentats de Paris (130 morts), ceux de mars 2016 à Bruxelles (32 morts) et l'attaque avortée du train Thalys en août 2015.

Barbe et cheveux mi-longs

Il est ici jugé non pas pour le 13-Novembre mais pour sa participation présumée à une fusillade avec des policiers, à la fin de sa cavale le 15 mars 2016.

Entouré par des caméras et micros venus du monde entier pour couvrir le procès, son avocat Sven Mary a fait savoir à l'ouverture de ce procès -préambule à celui en France sur les attentats- que son client Salah Abdeslam ne souhaitait aucune image de lui par les médias.

Le président du palais de justice Luc Hennart, conscient de l'enjeu et de l'attitude du djihadiste, a averti: "Il faut que ça reste un procès ordinaire: s'il y a le moindre problème je fais évacuer la salle." Le principal suspect est jugé avec un complice présumé de sa fuite, Sofiane Ayari, pour "tentative d'assassinat sur plusieurs policiers" et "port d'armes prohibées", le tout "dans un contexte terroriste". Ils risquent jusqu'à 40 ans de prison.

Vêtu d'une veste claire et d'un pantalon noir, barbe fournie, des cheveux mi-longs gominés et plaqués en arrière, le Français d'origine marocaine, âgé de 28 ans, est entré sous lourde escorte. Il a exprimé son refus de parler dès les premières questions de la présidente du tribunal, Marie-France Keutgen, déclinant l'invitation à se lever ou la demande de s'identifier.

Belgian lawyers representing Paris attacks suspect Salah Abdeslam Sven Mary (R) and Romain Delcoigne speak together prior to the opening of the trial of prime suspect in the November 2015 Paris attacks Salah Abdeslam at the "Palais de Justice" courthouse in Brussels, on February 5, 2018. / AFP PHOTO / POOL / Danny Gys

Belgian lawyers representing Paris attacks suspect Salah Abdeslam Sven Mary (R) and Romain Delcoigne speak together prior to the opening of the trial of prime suspect in the November 2015 Paris attacks Salah Abdeslam at the "Palais de Justice" courthouse in Brussels, on February 5, 2018. / AFP PHOTO / POOL / Danny Gys

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Dès ce lundi soir puis pendant la durée de ce procès, il sera hébergé dans une prison du nord de la France, à Vendin-le-Vieil, pour "dupliquer" ses conditions de détention et en faciliter la logistique. Salah Abdeslam sera par ailleurs jugé en France pour les attentats du 13-Novembre, un procès autrement plus lourd, dont la date n'a pas encore été fixée.