Des bouts de verre, des boutons, une tondeuse à cheveux... Deux adolescents britanniques ont été interpellés sur le site du musée de l'ancien camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau pour vol de plusieurs objets ayant appartenu à des détenus. Ils se trouvent désormais en détention provisoire. Âgés de 17 et 18 ans, les deux jeunes hommes risquent une peine allant d'un à dix ans de prison, a annoncé la police locale polonaise ce mardi.
Un million de Juifs ont trouvé la mort à Auschwitz-Birkenau, camp créé par l'Allemagne nazie en Pologne. 70 000 à 75 000 Polonais non-juifs, 21 000 Tziganes, 15 000 prisonniers de guerre soviétiques et 10 000 à 15 000 autres prisonniers sont également morts à Auschwitz, selon les données du musée du camp.
Les vols, un fléau
Selon Pawel Sawicki, un porte-parole du musée, "les deux hommes ont été interpellés à proximité des baraquements où se faisait le tri des affaires personnelles des déportés", appelé dans le jargon du camp "le Canada" en référence aux richesses de ce pays. "Des gardiens les ont aperçu fouiller dans la terre. Alertés, ils les ont interpellés et ont découvert qu'ils étaient en possession de bouts de verres armés, de boutons, d'une tondeuse à cheveux et de morceaux de métal", a précisé Sawicki.Les adolescents ont alors été remis lundi à la police par les gardiens du musée d'Auschwitz. "Pour vols d'objets à valeur historique, ils risquent une peine allant d'un à dix ans de prison", a déclaré le porte-parole de la police de la région de Cracovie, Dans la journée, le procureur devrait décider des charges contre eux".
Le musée constate régulièrement des vols de toutes sortes d'objets. Les visiteurs désirent les emporter en souvenir de leur visite au camp. Il s'agit d'un véritable fléau. D'autant plus que le musée est visité chaque année par plus d'un million de personnes du monde entier. Le vol le plus audacieux reste celui de l'inscription métallique originale "Arbeit macht frei" de l'entrée de ce camp en décembre 2009. L'instigateur de ce vol, un ancien leader néonazi suédois de 34 ans Anders Högström, fut condamné à 2 ans et 8 mois de prison. Désormais, c'est une copie qui se trouve à l'entrée du camp, l'original retrouvé en morceaux a été ressoudé et se trouve au musée.
