Il tire les conséquences de sa condamnation. Le cardinal Barbarin, condamné à une peine de six mois de prison avec sursis, pour non-dénonciation d'agressions pédophiles commis par un prêtre dans son diocèse, a annoncé dans la foulée qu'il allait remettre sa démission au pape.
"J'ai décidé d'aller voir le Saint Père pour lui remettre ma démission. Il me recevra dans quelques jours", a indiqué devant la presse l'archevêque de Lyon après avoir dit "prendre acte de la décision du tribunal". "Indépendamment de mon sort personnel, je tiens à redire toute ma compassion pour les victimes", a-t-il ajouté dans une brève déclaration de moins d'une minute. En avril 2016, aux débuts de l'affaire, le prélat avait déjà proposé sa démission mais celle-ci avait été refusée par le Pape.
"Trop tard" pour une association de victimes
Le cofondateur de l'association de victimes "La Parole libérée", François Devaux, a jugé que la démission du cardinal Barbarin arrivait "trop tard". "Il était temps. Fallait-il aller aussi loin pour prendre une telle décision ?", a-t-il ironisé. "Ca arrive trop tard pour l'Eglise. Nous on a pas bougé: ça fait quatre ans qu'on dit la même chose et que personne ne voulait entendre. La décision aurait dû être prise depuis très longtemps. C'est le Pape qui aurait dû prendre cette décision", estime-t-il.
LIRE AUSSI >> Barbarin: le jour du jugement des hommes
Dans un communiqué transmis quasi-instantanément à la presse, la Conférence des évêques de France (CEF) a également "pris acte de la décision de justice" et estimé que le choix du primat des Gaules de présenter sa démission au Pape François relevait "de sa conscience personnelle". "Il appartiendra au Pape de lui donner la suite qu'il jugera opportune", a encore estimé la CEF.
Immédiatement après l'annonce du jugement, la défense de l'archevêque de Lyon avait annoncé son intention de faire appel de cette décision. Alors que le parquet avait classé sans suite une procédure contre le cardinal Barbarin, et que celui-ci était poursuivi en citation directe par "La Parole libéré", le tribunal s'est montré sévère à son égard dans ses attendus.
