Après quatre ans d'instruction, un gendarme soupçonné d'avoir blessé avec une grenade une opposante au projet de barrage de Sivens (Tarn) est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Toulouse, a indiqué une source judiciaire, confirmant une information de Mediapart.
Le militaire, soupçonné d'avoir blessé la jeune femme, Elsa Moulin, est poursuivi pour "violences volontaires ayant entraîné une ITT de 15 jours avec arme par personne dépositaire de l'autorité publique", a indiqué de son côté Me Claire Dujardin, l'avocate de la victime.
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Les faits s'étaient déroulés en octobre 2014 - trois semaines après la mort de Rémi Fraisse, un militant écologiste de 21 ans tué par une grenade tirée par un gendarme -, lors d'une expulsion des personnes qui occupaient une parcelle du site du barrage contesté, avait indiqué Me Dujardin, peu après avoir déposé plainte pour le compte d'Elsa Moulin.
Hospitalisée une dizaine de jours
Aujourd'hui âgée de 29 ans, l'opposante au barrage avait été blessée à la main en ramassant une grenade de désencerclement jetée par un gendarme à l'intérieur d'une caravane, où la jeune femme s'était "réfugiée" avec deux autres opposants au projet de barrage. La jeune femme, qui occupait cette parcelle depuis plusieurs semaines, avait été hospitalisée pendant une dizaine de jours puis avait bénéficié d'un arrêt de travail.
Sur une vidéo filmée de l'intérieur de la caravane et diffusée sur YouTube par un des trois occupants, on pouvait apercevoir un gendarme faire une sommation, en disant aux opposants, une grenade dans la main : "A trois, je vous laisse partir". Puis, selon la vidéo, le décompte allait jusqu'à huit, avant que ne retentissent un bruit d'explosion et les cris des occupants de la caravane.
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Le projet de barrage avait fait l'objet d'une très forte mobilisation d'opposants et le chantier avait été le théâtre d'affrontements avec les forces de l'ordre. En octobre 2014, lors de violentes échauffourées, Rémi Fraisse avait succombé à l'explosion d'une grenade tirée par un gendarme.
Trois semaines après la mort de ce militant écologiste, qui avait provoqué une onde de choc en France, le gouvernement avait annoncé l'interdiction des grenades offensives à l'origine de ce décès, après avoir suspendu leur utilisation. Le projet de barrage avait finalement été abandonné.
En janvier dernier, la justice a délivré un non-lieu en faveur du gendarme qui avait tiré la grenade ayant entraîné la mort de Rémi Fraisse.
