Plus de six ans après les attentats du 13 novembre, le pire crime de l'après-guerre en France, la cour d'assises spéciale de Paris a condamné mercredi 29 juin Salah Abdeslam, le seul membre encore en vie des commandos qui ont fait 130 morts, à la perpétuité incompressible, la peine la plus lourde du code pénal.

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Les cinq magistrats professionnels ont suivi les réquisitions du parquet national antiterroriste qui avait réclamé cette sanction rarissime, qui rend infime toute possibilité de libération, à l'encontre du membre des commandos terroristes.

La cour a considéré que son gilet explosif était "défectueux", remettant "sérieusement en cause" les déclarations de l'intéressé sur son "renoncement". Le Français de 32 ans est resté les bras croisés le regard dur dans le box, pendant toute la durée de la lecture du délibéré, rendu au terme de 148 jours d'audience.

Salah Abdeslam a adopté au cours du procès "une stratégie de minimisation constante des faits", avaient estimé les trois représentants du parquet national antiterroriste (Pnat). Mais il a "bien tenté de faire exploser sa ceinture" le soir des attentats, et a "le sang de toutes les victimes sur ses mains".

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Par ailleurs, la cour d'assises spéciale de Paris a condamné Mohamed Abrini, l'"homme au chapeau" des attaques de Bruxelles, qui était également "prévu" dans les commandos du 13 novembre, à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de vingt-deux ans.

Au total, les magistrats ont prononcé des peines allant de deux années d'emprisonnement à la perpétuité à l'encontre des 20 accusés jugés depuis septembre, dont six par défaut.