Les rumeurs enflent sur les conditions de l'assaut mené par les forces de l'ordre à Saint-Denis le 18 novembre. Jeudi, RMC-BFMTV affirmait que la porte de l'appartement où logeaient trois suspects parmi lesquels Abdelhamid Abaaoud et Hasna Aitboulahcen, n'était pas blindée contrairement à ce qu'avait expliqué le procureur lors d'une conférence de presse.

Par ailleurs, la chaîne avançait l'hypothèse selon laquelle les policiers auraient pu échanger des tirs entre eux. Selon une source policière proche du Raid contactée par L'Express, cette version est "farfelue" et suscite "beaucoup de commentaires chez les collègues". "Le seul tir qu'il y a eu en direction des policiers, c'est celui d'un sniper situé dans un immeuble en face. Celui-ci a ouvert le feu pour neutraliser un voisin de l'étage du dessus qui n'avait pas obtempéré aux injonctions des forces de l'ordre." En effet, l'homme qui était proche de la fenêtre aurait reçu pour consigne de ne pas bouger, ce qu'il n'aurait pas respecté. "C'était un tir de neutralisation, dans le bras", précise cette source.

"Un feu nourri à l'arme lourde"

Par ailleurs, dès le lendemain de l'opération, un officier du Raid a été convoqué à la Direction générale de la police nationale pour revenir sur les circonstances de l'assaut. Selon nos informations, il aurait alors expliqué que la configuration des lieux et le dispositif mis en place "ne permettaient pas de tirs croisés entre les policiers. Les balles venaient d'en face et c'était un feu nourri à l'arme lourde", précise cette source.

Pour le moment, seules 300 cartouches et un pistolet automatique 9mm ont été retrouvés dans les décombres alors que le procureur faisait état de 5 000 munitions utilisées. Un chiffre qui nous a été confirmé par une source policière proche du Raid. L'examen des débris de l'immeuble devrait apporter plus de réponses.