Noël Le Graët persiste et signe. Invité de France Info ce mardi, le président de la FFF, âgé de 77 ans, a renouvelé ses propos sur l'homophobie. "L'arrêt des matches ne m'intéresse pas. C'est une erreur. J'arrêterais un match pour des cris racistes, j'arrêterais un match pour une bagarre, des incidents s'il y a un danger dans les tribunes", a déclaré Noël Le Graët, à quelques heures de la rencontre France-Andorre, en qualifications à l'Euro-2020.
Il a ensuite assuré que le racisme dans les stades et l'homophobie en tribunes, "ce n'est pas la même chose" et a appelé les clubs à "agir" via leurs services de sécurité. "J'espère" que cette demande sera prise en compte dès la prochaine journée de championnat, ce week-end, a répondu le président de la FFF, interrogé par France Info.
La semaine dernière, Noël Le Graët avait déjà détonné en estimant dans les colonnes de Ouest-France "qu'on arrêtait trop de matches" pour des manifestations homophobes dans les stades. Rapidement, cette nouvelle sortie du président de la fédération a donc suscité de vives réactions, et même de la colère parmi les associations qui luttent contre l'homophobie.
"Qu'il prenne sa retraite !"
Le collectif Rouge Direct appelle ainsi, sur Twitter, à la démission de Noël Le Graët dont le mandat s'achève en 2020, après les Jeux Olympiques de Tokyo, et qui n'a pas encore fait savoir s'il souhaitait se représenter ou non.
Dominique Sopo, président de SOS Racisme l'invite lui "à prendre sa retraite".
Comme la semaine passée, après la première sortie de Noël Le Graët, l'association des PanamBoyz & Girlz United, qui dénonce l'homophobie dans le football et travaille sur le sujet avec la Ligue de football professionnel (LFP), a également exprimé sa consternation. "Arrêter un match pour des cris racistes, oui ! Pour des chants homophobes, non ! Quand le président de la FFF fait un tri immonde entre discriminés. Propos totalement scandaleux. Quelle honte !", écrit sur Twitter l'association.
Plusieurs rencontres interrompues depuis le début de la saison
Réagissant aux propos de Noël Le Graët, le président de l'Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas s'est lui montré plus nuancé, plaidant pour une utilisation "avec modération" de l'arrêt des matchs, en marge de l'assemblée générale de l'Association européenne des clubs (ECA) à Genève. La semaine dernière, la ministre des Sports Roxana Maracineanu avait fait part de son étonnement après les propos de Le Graët qui, sans la nommer, la mettait en cause.
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Depuis le début de la saison, plusieurs rencontres ont été brièvement interrompues en L1 et L2 pour faire cesser des chants homophobes lancés des tribunes ou le déploiement de banderoles injurieuses. Une fermeté réclamée et vivement saluée par la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, sa collègue chargée de la lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa, et par les associations de lutte contre l'homophobie.
Pour le moment, la ministre des Sports n'a pas encore réagi. Mais nul doute que les retrouvailles entre Roxana Maracineanu et le patron du foot français, ce mardi soir, dans les travées du Stade de France pour le match des Bleus, seront scrutées avec attention. Tout comme les tribunes de L1 et L2, le prochain week-end.