Le premier cas a été rapporté au Royaume-Uni à la fin du mois de mars, et depuis, le nombre d'enfants atteints subitement d'hépatites s'est multiplié, principalement en Europe. Ce jeudi 28 avril, après avoir considéré la population affectée, l'origine inconnue de la maladie et l'impact potentiellement grave de celle-ci sur les personnes atteintes, le Centre européen de contrôle et de prévention des maladies (ECDC) a classé le dossier comme étant "un événement de santé publique préoccupant" et émis des hypothèses.

Les enfants de moins de cinq ans particulièrement touchés

A ce jour, les conclusions des autorités sanitaires notent que cette forme d'hépatite soudaine touche les enfants âgés entre un mois et 16 ans, mais avec un fort taux de cas chez ceux de moins de 5 ans. Un très jeune âge qui surprend et inquiète les autorités sanitaires, d'autant qu'aucun des enfants n'était atteint de comorbidité. Ayant pour symptômes de la fièvre, des diarrhées et douleurs au ventre, l'hépatite est une inflammation du foie à l'évolution souvent bénigne. Pourtant, dans les cas présents, 17 transplantations rénales ont été nécessaires, et un cas de décès a même été notifié. Pis, aucun virus habituel de l'hépatite aiguë, "de la A à la E", n'a été reconnu par les scientifiques.

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Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies émet l'hypothèse de l'action d'un adénovirus, de type 41, qui provoque généralement des symptômes respiratoires oculaires et digestifs mais qui, dans ce cas, "déclencherait une infection plus grave". Les adénovirus sont répertoriés comme étant des causes d'hépatites, mais jusqu'ici seulement chez des enfants immunodéprimés. L'apparition d'une nouvelle souche est donc envisagée.

Les centres de prévention et de lutte contre les maladies, qui constituent la principale agence fédérale de santé publique aux Etats-Unis, ont indiqué que sur les neuf cas identifiés dans l'Etat d'Alabama, les cinq ayant déjà fait l'objet d'une expertise en laboratoire ont tous dévoilé la présence de cet adénovirus 41. D'autres causes, notamment toxiques, "font toujours l'objet d'investigations et n'ont pas été exclues mais sont considérées comme moins plausibles", rapporte l'ECDC.