Pôle emploi est dans le collimateur de la justice, depuis près de quatre ans. L'enquête porte sur des accusations de harcèlement moral au sein de l'institution pour les demandeurs d'emploi, après une série de suicides d'employés, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

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Le syndicat CFTC Emploi et les parents d'Aurore Moësan, une conseillère de Pôle emploi de 32 ans qui s'était donné la mort chez elle en 2012, avaient déposé à Paris une plainte avec constitution de partie civile pour "harcèlement moral, mise en danger de la vie d'autrui, homicide involontaire aggravé et non-assistance à personne en danger".

"Le déni total de la direction malgré les alertes"

Selon une source judiciaire, cette plainte avait entraîné l'ouverture d'une information judiciaire le 15 juillet 2014, visant en premier lieu l'établissement public chargé de l'emploi. Aucune mise en examen n'a été ordonnée à ce jour, mais l'enquête qui se poursuit.

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La plainte, pointait une "charge de travail exponentielle" et une "réorganisation incessante des méthodes de travail" ou des mutations répétées, après la création en 2008 de Pôle emploi, né de la fusion des agences chargées de l'indemnisation (Assedic) et de la recherche d'emploi (ANPE).

Les avocats dénonçaient une fusion "menée de façon totalement barbare" et "le déni total de la direction malgré les alertes".

Le syndicat avait recensé à l'époque 17 suicides d'origine professionnelle chez des salariés de Pôle emploi. Joint par l'AFP, Pôle Emploi fait savoir qu'"elle ne commente pas une instruction judiciaire en cours".

L'opérateur public affirme recourir à "de nombreuses dispositions concrètes: accords nationaux relatifs à la qualité de vie au travail, organisation du travail, équilibre vie professionnelle - vie personnelle, dispositifs d'écoute et d'évaluation des risques, formation et sensibilisation des salariés et du management".