Entre l'acte 23 et l'acte 24, il y a eu les annonces d'Emmanuel Macron. Alors qu'un sondage indique que 63% Français n'ont pas été convaincus par la prestation du président, samedi, une partie des gilets jaunes va encore battre le pavé, à Strasbourg, où un appel "international" a été lancé, mais aussi à Toulouse ou Paris, avec une fois encore la crainte de débordements.

LIRE AUSSI >> RIC, vote blanc, ISF... Ces revendications des gilets jaunes que Macron a écartées

Opération escargot sur le périphérique lyonnais, "marche sur les médias" à Paris, marche nocturne à Cambrai, déploiement d'un gilet jaune géant au sommet de la Roche de Solutré (action interdite par la préfecture)... Dans toute la France, des gilets jaunes toujours combatifs invitent à se joindre à des manifestations, pour montrer au président de la République que ses annonces de jeudi ne font pas retomber leur colère.

L'ampleur de la mobilisation mesurera la réaction de la rue

Emmanuel Macron a tenté de leur tendre la main lors de sa conférence de presse à l'Élysée en saluant les "justes revendications à l'origine" de ce mouvement qui, depuis le mois de novembre, a profondément changé la tournure de son quinquennat. Le tout assorti de la promesse de déployer "plus de fonctionnaires sur le terrain", de réduire "significativement" l'impôt sur le revenu ou de supprimer l'ENA.

Samedi, l'ampleur de la mobilisation permettra de mesurer la réaction de la rue. Le 20 avril, les gilets jaunes étaient 27 900 dans toute la France selon le ministère de l'Intérieur, 100 000 selon leur propre décompte.

LIRE AUSSI >> Retraites, impôts, ENA... Ce qu'il faut retenir des annonces d'Emmanuel Macron

"27/04 manif 01/05 manif 04/05 manif 08/05 manif 11/05 manif 18/05 manif 25/05 manif", a listé dans un tweet lapidaire en forme d'avertissement l'une des figures des gilets jaunes, Priscillia Ludosky, peu après la conférence de presse présidentielle. Son collègue Eric Drouet, en revanche, a décidé de "faire une pause".

"Vigilance très importante" à Strasbourg

À Strasbourg, le mouvement a lancé sur les réseaux sociaux un appel dit "international" à manifester à partir de 13h en direction du Parlement européen, à un mois des élections européennes. La page Facebook dédiée rassemblait vendredi 3500 personnes intéressées, les organisateurs espérant attirer aussi des manifestants allemands et belges. La préfecture a interdit toute manifestation dans certains secteurs de l'île formée par le centre-ville historique, le parvis de la gare ainsi que les abords des institutions européennes.

"On est sur un niveau de vigilance très importante", confie une source policière, tout en soulignant que, vendredi à la mi-journée, il n'y avait "pas de mouvement structuré de l'étranger annoncé". Jusqu'à présent, les manifestations des gilets jaunes sont restées d'une ampleur modérée dans la capitale alsacienne. En Lorraine, des covoiturages sont organisés pour rejoindre la manifestation strasbourgeoise.

Zones interdites

À Toulouse, épicentre d'un acte 23 du mouvement émaillé d'échauffourées entre manifestants et forces de l'ordre, il sera à nouveau interdit de manifester sur la place du Capitole de 10h à 21h mais un appel des "gilets jaunes au centre" a néanmoins été lancé pour le début d'après-midi.

À Lille, Rennes ou encore Rouen, les manifestations seront également interdites dans le centre-ville. À Paris, le périmètre prohibé comprendra les Champs-Elysées, l'Elysée, les abords de l'Assemblée nationale et de Notre-Dame.

Manif à Paris sous le mot d'ordre de "Riposte générale"

Alors que certains groupes de gilets jaunes se concentrent sur l'organisation de la journée du 1er mai, des convergences entre syndicalistes et gilets jaunes sont déjà prévues ce samedi. À Paris, une manifestation partira du quartier de Montparnasse sous le mot d'ordre de "Riposte générale", à l'appel notamment de la CGT. Elle devrait opérer une jonction avec les gilets jaunes.

Alors que l'épisode 23 du mouvement avait été marqué par les "suicidez-vous" lancés aux policiers par certains manifestants, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a dénoncé "un rituel de la violence".

"Il s'agit de mettre en cause le président de la République, de façon systématique, ils n'ont pour seul désir que de faire tomber nos institutions", s'est-il indigné à la veille de cette 24e journée de mobilisation.