Sa décision avait choqué les associations locales. Natacha Bouchart, la maire Les Républicains de la ville de Calais a pris jeudi un arrêté municipal pour empêcher la distribution aux migrants de repas par les associations. Sous le feu des critiques, la maire s'est défendu de toute inhumanité.
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"Le procès de l'inhumanité ne peut pas être fait à la Ville de Calais, comme il ne peut pas non plus être fait au maire que je suis. Humanité et fermeté sont les maîtres-mots qui ont guidé mon action depuis le début de la crise migratoire", a déclaré Natacha Bouchart dans un communiqué.
"Pendant des mois, voire des années, chacun a pu constater toute l'humanité dont la population calaisienne a fait preuve en dépit d'une situation unique en France, qui a été vécue comme un traumatisme par de nombreux Calaisiens", a-t-elle ajouté. Avant d'affirmer devoir "prendre toutes les dispositions nécessaires pour empêcher de se réitérer une situation qui n'a que trop duré".
Jeudi, auprès de La Voix du Nord, la maire avait justifié sa décision. "Nous prendrons des arrêtés au fur et à mesure. Je ne veux surtout pas qu'il y ait un appel d'air et que nous revivions ce que nous avons vécu: nous avons trop souffert", s'était-elle justifiée.
Les associations ne lâchent rien
Dès l'annonce de l'arrêté, les associations d'aide aux migrants avaient fait part de leur stupéfaction, mais annoncé qu'elles n'avaient aucune intention de mettre fin aux distributions des repas. "On distribue de la nourriture de jour comme de nuit depuis deux mois, et on continuera à le faire pour une simple raison: les gens ont faim", avait indiqué à La Voix du Nord un bénévole d'utopia 56. Le responsable du Secours catholique s'était de son côté dit "stupéfait qu'un responsable politique puisse en arriver à interdire à des enfants de se laver et de se nourrir".
Elles ont tenu parole puisque plusieurs distributions de repas ont eu lieu vendredi soir. Des bénévoles d'Utopia 56 sont intervenus notamment dans la zone industrielle des Dunes, concernée par l'arrêté. Environ 250 migrants étaient présents, dont de nombreux mineurs. Aucun réfugié n'a été inquiété par la police.
"14 jeunes qui venaient prendre une douche" interpellés
Avant cette intervention de la maire de Calais, la ville avait déjà essayé de mettre des bâtons dans les roues du Secours catholique, qui proposait des douches aux migrants. Selon le responsable de l'association, qui a saisi le défenseur des droits, mercredi "14 jeunes qui venaient prendre une douche ont été emmenés au commissariat avant d'être relâchés".
En déplacement dans la ville, La veille, le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux avait assuré qu'il ferait son possible pour empêcher l'installation d'un "nouveau campement", mais qu'il n'agirait pas "contre la distribution de repas".
