"Toutes les responsabilités devront être rigoureusement établies afin qu'une telle situation, qui a légitimement ému, ne puisse se reproduire". La ministre du Travail Myriam El Khomri a demandé ce vendredi dans un communiqué que "toute la lumière" soit faite après les révélations d'un cas de fausse couche dont a été victime une caissière du magasin Auchan City de Tourcoing, le 21 ou le 22 novembre dernier sur son lieu de travail.
"J'attache une importance capitale au strict respect des règles en matière de conditions de travail, de sécurité au travail et plus spécifiquement à la protection des femmes enceintes", ajoute la ministre dans son communiqué. "Je veillerai à ce que ces règles et obligations soient scrupuleusement respectées", prévient-elle.
L'inspection du travail provoque un CHSCT
L'inspection du travail a provoqué une réunion exceptionnelle du CHSCT (Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) de l'établissement, qui s'est tenue jeudi. "Des investigations poussées sont menées puisque qu'une nouvelle réunion du CHSCT se tiendra la semaine prochaine après l'audition de la salariée, que cette instance a souhaité organiser sans la présence du l'employeur", précise le communiqué.
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Mercredi soir, Manuel Valls avait dénoncé sur sa page Facebook "la marque d'une société déshumanisée, où l'humain est devenu une variable d'ajustement". "S'il faut, bien sûr, attendre que toute la lumière soit faite, les premiers éléments de témoignage (...) indiquent un manque total de décence, d'humanité, de l'empathie la plus basique", avait déploré l'ancien Premier ministre, candidat à la primaire à gauche.
Empêchée de prendre des pauses toilette régulières
Fadila*, une caissière de 23 ans en contrat de professionnalisation, accuse la chaîne de supermarchés de "manquements répétés" à son égard. Elle affirme notamment avoir été empêchée de prendre des pauses toilettes régulières, alors qu'elle vivait une grossesse à risque et éprouvait de "violentes douleurs". A trois mois de grossesse, la jeune femme avait fait une fausse couche à son poste après avoir demandé une énième fois, en vain, la possibilité d'aller aux toilettes.
De son côté, la direction d'Auchan soutient que la jeune n'a femme n'aurait "jamais fait de demande spécifique pour les pauses toilettes", ni même de "demande d'aménagements d'horaires de travail". C'est dans ce même supermarché de Tourcoing qu'une caissière avait été licenciée en juillet dernier pour, selon la CGT, "un préjudice de 85 centimes". Elle avait finalement été réintégrée après un mouvement social.
