Les lumières à Lyon, mais l'hommage a cette fois remplacé la fête. Des milliers de Lyonnais ont allumé, mardi soir, des lumignons et bougies pour saluer la mémoire des 130 victimes des attentats du 13 novembre à Paris. La fête traditionnelle réunissant habituellement 3 millions de visiteurs, annulée pour raison de sécurité, a été remplacée par une scénographie projetant les prénoms de ceux qui ont perdu la vie.
Des lumignons à foison
"C'est dur mais c'est beau", explique Pauline dans la foule, qui a aligné les lampions à ses fenêtres comme d'autres dans la ville, pour donner un moment "hyper émouvant".
Dans les rues, des milliers de personnes avaient malgré tout fait le déplacement, encadrées par un dispositif policier et militaire très présent.

People take part in a religious procession, on December 8, 2015 in the central French city of Lyon during the 17th edition of the Festival of Lights, a secular version of a religious tradition devoted to Virgin Mary and dating back to 154 years ago. / AFP / JEFF PACHOUD
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Sur les places aussi, comme celle des Terreaux, les bougies s'alignaient, rappelant les autels spontanés qui avaient investi l'espace public au lendemain des attaques. Le silence et le recueillement étaient palpables dans l'hyper-centre, où plus aucune voiture n'avait le droit de circuler pour l'occasion.

Members of the public gather as two men light a candle display on December 8, 2015 in Lyon, in tribute to victims of the November 13 Paris terrorist attacks, and as a replacement for the cancelled annual Festival of Lights, a secular version of a religious tradition devoted to the Virgin Mary and dating back to 153 years ago. / AFP / JEAN-PHILIPPE KSIAZEK
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Chaque écolier s'est vu offrir un petit lumignon et des milliers de bougies ont été vendues ces derniers jours, notamment au profit de la Fédération des victimes d'attentats et de catastrophes (Fenvac). Des flambeaux en papier étaient également distribués généreusement par des scouts aux passants.
Les prénoms des victimes projetés
"Valentin", "Christophe", David", "Anne", "Véronique"... Sur la basilique de Fourvière et les quais de Saône, les 130 prénoms des victimes du 13 novembre ont été projetés, à la fin de la seule scénographie qui a été conservée du programme initial de la Fête des lumières.
Ainsi l'oeuvre Regards de l'artiste Daniel Knipper, a montré 80 regards extraits de tableaux de maîtres de Botticelli, Matisse, ou de La Tour, qui dévisageaient les visiteurs.
L'hommage a été salué, sur Twitter, par la maire de Paris, Anne Hidalgo. "Merci, chère Anne, pour ton message que je transmets aux Lyonnais aux côtés desquels je déambule ce soir", a signé de ses initiales Gérard Collomb, le maire de Lyon, dans une réponse sur le réseau social.
Paradoxalement, l'annulation de la fête était plutôt bienvenue: "Ca redevient plus religieux, avec plus de sens" expliquaient dans le Vieux-Lyon Jacqueline et Monique, car "parfois avec toutes les animations, on étouffait".
Une fête aux origines religieuses

People take part in a religious procession, on December 8, 2015 in the central French city of Lyon during the 17th edition of the Festival of Lights, a secular version of a religious tradition devoted to Virgin Mary and dating back to 154 years ago. AFP PHOTO / JEFF PACHOUD / AFP / JEFF PACHOUD
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Le 8 décembre est effectivement une date religieuse traditionnellement fêtée dans la ville, celle de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie. Ce n'est qu'à partir de 1999 et le maire Michel Noir que les animations qui s'y ajoutent s'éloignent de ces origines pour des réalisations plus artistiques et fantaisistes.

Archbishop of Lyon Monseigneur Philippe Barbarin (C) leads a religious procession, on December 8, 2015 in the central French city of Lyon during the 17th edition of the Festival of Lights, a secular version of a religious tradition devoted to Virgin Mary and dating back to 153 years ago. / AFP / JEFF PACHOUD
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De fait, le programme religieux, lui, est resté inchangé cette année: la procession aux flambeaux, conduite par le cardinal Philippe Barbarin jusqu'à l'esplanade de la basilique de Fourvière, avait une connotation particulière cette année.

People take part in a religious procession, on December 8, 2015 in the central French city of Lyon during the 17th edition of the Festival of Lights, a secular version of a religious tradition devoted to Virgin Mary and dating back to 154 years ago. / AFP / JEFF PACHOUD
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Les restaurateurs, eux, faisaient la grimace. "Ca a été catastrophique: il n'y a que samedi qui se rapprochait d'un jour traditionnel de la Fête des lumières", jugeait François, restaurateur sur la place Saint-Jean... Une fois n'est pas coutume.