Cinq ans après, les autorités ont rendu hommage ce vendredi aux victimes des attentats du 13 novembre 2015, les plus meurtriers commis sur le sol français, en pleine recrudescence de la menace terroriste dans le pays. De l'assassinat de Samuel Paty le 16 octobre à l'attaque dans la basilique de Nice, la succession d'attaques au cours des dernières semaines a rappelé que la vague djihadiste qui a frappé la France il y a cinq ans n'était pas totalement terminée même si elle a changé de forme.
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Ce retour en force de la menace, récemment relevée à son niveau d'alerte maximale, donnait vendredi une dimension particulière aux traditionnelles commémorations des attentats du 13 novembre 2015, dont le procès devrait débuter vraisemblablement en septembre 2021 et durer six mois.

Jean Castex et Anne Hidalgo devant le Bataclan, le 13 novembre 2020
© / Christophe ARCHAMBAULT / AFP / POOL
Accompagné notamment de la maire de Paris Anne Hidalgo et du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, le Premier ministre Jean Castex s'est rendu dans la matinée au Bataclan, devant le Stade de France et sur des terrasses de café à Paris où des commandos téléguidés par le groupe Etat islamique ont tué 130 personnes il y a cinq ans, semant l'effroi dans le pays.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avec le préfet de Paris Didier Lallement près du Stade de France à Saint-Denis, le 13 novembre 2020
© / Christophe ARCHAMBAULT / AFP / POOL
Autour de la salle de spectacle, encadrée par un important dispositif policier, les noms des victimes ont résonné dans les rues vidées par le confinement, où seuls quelques badauds étaient venus se recueillir. "C'est ma manière de dire qu'on ne les oublie pas, toutes ces personnes qui sont parties et toutes celles qui ont des séquelles psychologiques, ou qui sont handicapées à vie", souffle Martine Laupin, 72 ans, une habitante du quartier très émue.

Hommage devant l'établissement La Bonne Bière, le 13 novembre 2020
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Des responsables de partis rendront eux aussi leur propre hommage aux victimes tandis que la Tour Eiffel s'éteindra à partir de 20 heures et scintillera chaque heure en mémoire de cette attaque qui a provoqué une onde de choc mondiale.
"La guerre n'est pas achevée"
Aujourd'hui, les autorités craignent moins la résurgence de vastes attaques coordonnées que le passage à l'acte soudain d'individus radicalisés, encouragés par des groupes terroristes décimés mais encore actifs.
"Ils nous frappent encore, mais avec des individus fanatisés qui utilisent des couteaux pour susciter l'effroi. La guerre sur notre sol n'est donc pas achevée, mais beaucoup de batailles ont été gagnées depuis 2015", a estimé l'ancien chef de l'Etat François Hollande dans Le Parisien ce vendredi. Pour beaucoup, les récentes attaques à Conflans-Sainte-Honorine, devant les anciens locaux de Charlie Hebdo et Nice ont ravivé le douloureux souvenir du 13-Novembre.
"Ce qui était attaqué c'était le sport, la réjouissance ensemble, la musique au Bataclan, et récemment, ce qui est attaqué c'est un autre symbole de la République : l'école, ce qui est attaqué c'est un autre symbole de notre liberté d'être ensemble, la liberté religieuse, avec l'attaque de Nice", a déclaré ce vendredi sur BFMTV le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian, qui était en charge de la Défense en 2015. "Tout cela, ce sont nos valeurs que nous devons protéger et ce qui exige de notre part une très grande fermeté à l'égard du terrorisme", a-t-il ajouté.
