Sous haute sécurité. Les catholiques de Nice se recueillent ce dimanche pour la Toussaint, avec en tête, une pensée pour les "martyrs" tués dans l'attaque au couteau contre l'une de leurs églises il y a trois jours.
Dans l'enquête sur cet attentat qualifié de "terroriste islamiste" par le président Emmanuel Macron, plusieurs nouvelles arrestations ont eu lieu samedi, portant à six le nombre de personnes placées en garde à vue, a indiqué dimanche une source judiciaire. L'auteur présumé des coups de couteau, un Tunisien de 21 ans, blessé grièvement lors de son arrestation, est toujours hospitalisé.
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Au centre de Nice dimanche, de nombreux fidèles sont venus aux premières messes de la Toussaint dans l'église du Voeu, placée sous la surveillance des militaires mitraillette à la main. "J'appréhendais, j'avais peur de venir", explique Claudia, 49 ans, qui, rassurée par la présence des forces de l'ordre, s'est décidée finalement à assister à l'office religieux. "Il faut montrer qu'on n'a pas peur, que nous sommes là", poursuit-elle.

Une femme se tenant près de la basilique Notre-Dame de l'Assomption, samedi soir, à Nice (Photo by Valery HACHE / AFP)
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Estrosi présent à une cérémonie dimanche soir
Le déploiement des forces de sécurité a été renforcé dans toute la France, placée en vigilance maximale attentats. Encourageant les Niçois à se rendre aux messes dans une ville déjà meurtrie par un attentat djihadiste le 14 juillet 2016 qui avait fait 86 morts, le maire de Nice Christian Estrosi assistera à une cérémonie de recueillement dimanche soir dans la basilique Notre-Dame-de-l'Assomption.
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C'est dans cette église du coeur de Nice que trois fidèles - Vincent Loques, le sacristain, Nadine Devillers, 60 ans et Simone Barreto Silva, une Brésilienne de 44 ans résidant en France - ont été tués jeudi.
La Toussaint, parmi les principales fêtes catholiques, célèbre chaque 1er novembre les saints connus ou inconnus. Le lendemain, les prières s'adressent aux défunts à qui l'on rend visite au cimetière.

Le portrait d'une des victimes, Simone Barreto Silva, sur des bouquets déposés sur les lieux de l'attentat. (Photo by Valery HACHE / AFP)
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Malgré la propagation du Covid-19 qui a conduit au reconfinement des Français, les cultes ont obtenu auprès des pouvoirs publics une dérogation jusqu'à lundi inclus, après quoi les messes avec public seront suspendues pendant un mois.
"Il faut pouvoir donner le signal à d'autres que nous restons debout! Notre liberté d'expression c'est justement notre liberté d'ouvrir nos églises où nous proclamons que notre foi est un message d'amour", a insisté l'évêque de Nice, Mgr André Marceau, dans une interview samedi à Nice-Matin. Tout en appelant les musulmans à "prendre des mesures" contre l'extrémisme, il a affirmé ne pas "être Charlie", en référence à l'hebdomadaire satirique qui avait publié les caricatures de Mahomet.

Fidèles et citoyens ont déposé samedi soir des hommages aux victimes devant la basilique Notre-Dame de l'Assomption (Photo by Valery HACHE / AFP)
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D'autres évêques en France se sont interrogés sur l'usage de ces dessins et les limites de la liberté d'expression.
