Malgré les mesures présentées par Najat Vallaud-Belkacem pour renforcer les moyens de l'Education nationale en Seine-Saint-Denis, les enseignants du département appellent à la grève ce jeudi. En Seine-Saint-Denis, "38 classes étaient sans maître le jour de la rentrée des classes", la moyenne d'élèves par classe est "bien supérieure à la moyenne nationale" et les élèves ont passé depuis la rentrée "plusieurs centaines de journées" dans d'autres classes faute de professeurs remplaçants, dénonce le SNUipp. Rodrigo Arenas, président de la fédération de parents d'élèves FCPE pour le 93, donne son point de vue.
Pourquoi la Seine-Saint-Denis est-elle discriminée?
Ce n'est pas qu'un problème de moyens et de créations de poste. Il nous manque des enseignants, qui ne veulent pas venir parce que l'image du département est dégradée. Ils estiment que leurs conditions de travail ne seront pas optimales et que leur tâche sera plus simple à faire ailleurs. La situation a pourtant bien changé depuis les émeutes de 2005. L'ouverture d'un concours spécifique à la Seine-Saint-Denis va peut-être attirer de nouveaux candidats. Et ce n'est pas parce qu'ils ont échoué un jour à un autre concours qu'ils ne pourront pas devenir de bons professeurs.
Comment faire rester les enseignants?
Il est normal qu'ils aient envie de partir quand ils débarquent dans des établissements où il y a moins de titulaires que de remplaçants. Pour inverser la rendance, il faut valoriser le territoire. Aujourd'hui, les enseignants les plus innovants sont dans les ZEP. Ils font face à des élèves qui viennent de toute la planète, toutes les classes sont internationales. Comme la formation qu'ils ont reçue ne colle pas à la réalité du terrain, ils ont développé des savoir-faire. Ils sont en train d'inventer une école nouvelle qui peut remplacer l'école à la papa. Mais il faut aussi améliorer leur rémunération. Ici, on veut les meilleurs enseignants.
Najat Vallaud-Belkacem veut améliorer la formation des contractuels. Est-ce une solution?
Oui, d'autant plus que ce sont souvent des jeunes de Seine-Saint-Denis. S'ils font des études, il vaut mieux qu'ils travaillent dans une école qu'au Macdo pour se les payer. Ce sera comme une sorte de bourse. Le concours spécifique pour permettre leur titularisation est également une bonne chose. Dans les cités, il y a beaucoup de jeunes qui pensent qu'être enseignant ou professeur n'est pas fait pour eux. On va changer l'image du département si on leur prouve le contraire. Le plan d'urgence de Najat Vallaud-Belkacem a su prendre en compte toutes les contraintes du département, ce dont nous nous félicitons.
