200 animateurs à Grenoble, 400 à Montreuil, 3500 à Marseille... En cette rentrée scolaire cru 2014, l'animateur de centre de loisirs est presque devenu un profil plus recherché que le développeur informatique! C'est que pour faire face à la mise en place des nouveaux "temps d'activités périscolaires" (TAP), corolaire de la généralisation des nouveaux rythmes scolaires, les communes et les associations ont dû revoir à la hausse leurs recrutements. En effet, les personnels qui vont dès cette semaine assurer l'encadrement des enfants avant ou après la classe n''ont aucun lien hiérarchique ou financier avec l'Education nationale. Ce sont les communes qui les recrutent, les rémunérent, et, éventuellement, les forment.
De l'animateur à la bibliothécaire en passant par le papy à le retraite
Une enquête du ministère de l'Education nationale réalisée en octobre 2013 auprès des communes déjà passées aux nouveaux rythmes scolaires donne une idée de la variété des profils de personnes suceptibles d'encadrer les enfants:
- Les personnels municipaux (59% des encadrants). Ils se répartissent en 3 catégories: animateurs des centre de loisirs, Atsem, et autres professionnels. Les animateurs peuvent être rémunérés directement par la mairie, ou par une association avec laquelle la commune a conclu un partenariat. Dans un certain nombre de communes, les animateurs déjà employés pour assurer l'encadrement des enfants avant ou après l'école ou le mercredi ont été sollicités pour faire davantage d'heures, dans le cadre des TAP; ces animateurs peuvent aussi être en service civique, employés par la mairie ou par une association. Les Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles), aussi connues sous le nom d'"aide maternelle", peuvent assurer des heures de TAP, en plus de leur présence en classe et à la cantine. Les autres personnels municipaux sollicités pour encadrer des TAP peuvent être des salariés des piscines, musées, bibliothèques, cinémas, conservatoires ou bien encore théâtres appartenant à la commune.
- Les emplois d'avenir (2%). Il s'agit de contrats aidés destinés à favoriser la formation et l'insertion professionnelle de jeunes de 18 à 25 ans, peu ou pas diplômés.
- Les enseignants (6%). Sur le même principe que l'encadrement de l'étude, qui relève de la responsabilité de la mairie et non du ministère, des enseignants volontaires peuvent être recrutés et rémunérés par les communes pour assurer l'encadrement des enfants pendant les TAP;
- Les bénévoles (7%). Retraités ou parents d'élèves, les bénévoles peuvent être ou non membre d'une association locale sportive ou artistique.
Quelles garanties offrent ces encadrants?
On l'a dit: toutes les personnes qui encadrent des enfants pendant les TAP sont sous la responsabilité de la mairie. C'est à celle-ci que revient de les recruter, sur des critères qui lui sont propres -- la plupart vont au minimum demander que soit produit un extrait de casier judiciaire. Les taux d'encadrement sont définis non pas par le ministère de l'Education, mais par celui de la Jeunesse et des Sports. "Aux communes de s'y plier si elles souhaitent toucher les aides de la CAF au financement du périscolaire", précise Cédric Szabo, directeur de l'Association des maires ruraux de France.
Côté formation, c'est le flou. Si les mairies préfèrent embaucher des jeunes déjà titulaires du Bafa (brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur), garantie d'un minimum de formation à l'encadrement des enfants, rien ne les y oblige, et la préparation du Bafa peut se faire après l'embauche. Dans le cas des animateurs "fournis" aux communes par des associations ou des mouvements de l'éducation populaire (Léo Lagrange, Ligue de l'enseignement, etc), celles-ci assurent le plus souvent une formation complémentaire sur les questions de sécurité, et de réglementation, notamment. Reste qu'un animateur complètement rompu à l'encadrement des groupes d'enfants ne sera pas toujours en mesure de leur proposer les activités culturelles ou sportives tant vantées par l'ex-ministre Benoît Hamon, et devra parfois se contenter des traditionnelles séances de pâte à sel ou de Gendarmes et voleurs. Comme le résume sobrement Cédric Szabo, "les remontées que nous avons du terrain laissent penser qu'au mieux, ces temps périscolaires seront de la garderie améliorée".
Mais si la question de la sécurité de leurs rejetons, principale source d'angoisse des parents, ne se pose pas, a priori, quand ils seront encadrés par des animateurs diplômés, des enseignants ou des Atsem, c'est une toute autre histoire avec les bénévoles. Tout passionné de pêche qu'il est, un papy sexagénaire ne s'improvise pas du jour au lendemain meneur d'enfants. A fortiori quand il s'agit de les emmener se balader en pleine nature. Pas forcément de quoi rassurer les parents.
