Une rentrée scolaire 2016 menacée par une grève dans les collèges. L'appel provient du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, au sein d'une intersyndicale qui inclut FO, la GCT et Sud. Il vise à mobiliser le 8 septembre contre la réforme du collège et les conditions de rentrée.

Najat Vallaud-Belkacem minimise

Les professeurs sont incités à organiser des assemblées générales dans les établissements le 31 août, jour de la pré-rentrée des enseignants, afin de "faire remonter les principaux problèmes rencontrés". Il y a "une espèce d'incertitude qui plane sur cette rentrée", a déclaré vendredi Frédérique Rolet, secrétaire général du syndicat, lors de sa conférence de presse de rentrée.

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La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem a tenté de minimiser ce lundi matin la perspective d'un premier jour de cours mouvementé. "Des réticences véritables, il y en a dans 5 à 10% des collèges, mais elles sont en réalité levées progressivement (...) Cette réforme sera une réalité dans tous les collèges. Je vis cette rentrée comme une bonne rentrée, une rentrée apaisée", a-t-elle déclaré, selon des propos rapportés par France Info. Najat Vallaud-Belkacem a prévenu que la réforme du collège "risque de paraître un peu fade par rapport à l'annonce de la fin de la civilisation".

Des arguments qui risquent cependant de ne pas suffire à éteindre la grogne d'une partie du corps enseignant. La réforme du collège, très controversée, introduit l'interdisciplinarité (l'enseignement de plusieurs disciplines au sein d'un même cours).

"Sentiment de gâchis"

Déjà pratiquée par certains enseignants, elle permet, selon une partie de la communauté éducative, de donner plus de sens aux apprentissages. Ses détracteurs y voient un affaiblissement des disciplines, piliers traditionnels du système scolaire français.

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Frédérique Rolet a évoqué "un état d'esprit des enseignants marqué par beaucoup de lassitude devant l'empilement des réformes" et "un sentiment de gâchis" en cette dernière rentrée du quinquennat. Elle a critiqué "beaucoup de mesures extrêmement chronophages", comme la mise en oeuvre pour la première fois en même temps des programmes de la 6ème à la 3ème, nécessitant de refaire toutes les préparations de cours.

Les enseignants sont "mécontents de leur salaire et leurs conditions de travail". Le plan de revalorisation progressif de leurs salaires, échelonné au-delà de l'élection présidentielle, "vient trop tard". Elle a pointé une "volonté du gouvernement de raccrocher le vivier électoral que constituent les enseignants", mais "beaucoup considèrent que ça ne lève pas le contentieux sur les questions de métier".