Céline, 22 ans, fraîchement diplômée d'un BTS banque, a redoublé voilà quatre ans sa classe de première. Elle en a profité pour changer de série, passant d'une première L à une STG. Son année « blanche » en première littéraire lui a permis d'améliorer son niveau en langues, ainsi que son expression écrite : « En L, j'ai revu toutes les bases de l'anglais et à mon deuxième bac de français, j'ai décroché un 15 à l'écrit et un 12 à l'oral. »

Volontaire ou subi

« Plus le redoublement intervient tôt dans la scolarité, plus il est associé à de faibles chances de réussite ultérieure, assure Jean-Paul Caille, auteur d'une étude(1) menée sur dix ans pour la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l'Education nationale. A l'opposé, une telle mesure paraît vraiment efficace pour les élèves qui redoublent pour la première fois au lycée. »

Au bon moment

Mais mieux vaut refaire sa première ou sa terminale que la seconde. « Les redoublants de seconde terminent moins souvent bacheliers que les élèves qui redoublent leur première ou leur terminale : 75 %, contre 84 % et 83 % », souligne Jean-Paul Caille. Pourtant, la seconde reste la classe que l'on redouble le plus. En 2007, 13 % des lycéens de ce niveau ont recommencé leur année, contre 7 % en première et 9 % en terminale.

Stéphane et Matthias ont décidé ainsi de retourner en seconde pour passer haut la main en S, seule filière envisageable par leurs parents. « Résultat, Matthias est passé de justesse en première S et moi, en ES, se désole Stéphane. Pour moi, cette année est vraiment perdue. »

Le redoublement « stratégique » fonctionne à deux conditions : un objectif précis (passer en S pour faire médecine, par exemple) et la possibilité de donner le meilleur de soi-même. En première où le redoublement n'est jamais obligatoire (ni le conseil de classe ni le chef d'établissement ne peuvent l'imposer), ceux qui choisissent de refaire une année, comme Céline, font preuve d'une grande maturité et améliorent à coup sûr leur niveau général.

Reste qu'un redoublement est souvent subi. Ainsi, Quentin a recommencé sa terminale L faute d'avoir obtenu le bac. Mais cette année sup-plémentaire lui a permis de prendre du recul. « Lors de ma première terminale, j'avais laissé passer les dates d'inscription dans les écoles de service social que je visais. Là, je planifie mieux l'après-bac. »