Championne du redoublement, la France s'interroge. Faut-il le supprimer? La conférence de consensus vient de livrer ses recommandations sur ce sujet éminemment polémique bien que les experts soient d'accord pour considérer le redoublement comme négatif dans la plupart des cas.
Les 25 membres de cette conférence de consensus qui s'est réunie les 27 et 28 janvier, recommandent de faire reculer le redoublement plutôt... que de l'interdire totalement. Ainsi, il pourrait être réservé aux dernières années des cycles scolaires (le CE2 à l'école primaire).
Trois freins à lever
Le Cnesco (Conseil national de l'évaluation du système scolaire) et l'Ifé (Institut français de l'Education) ont identifié trois freins sur lesquels il faut jouer pour atteindre cet objectif:
- des freins pédagogiques (prise en charge de la difficulté scolaire au primaire et au collège)
- des freins organisationnels (critères de décision du redoublement peu précis)
- des freins liés à des représentations sociales (attachement des élèves, des parents et des personnels au redoublement).
A ce titre, la conférence propose deux expérimentations intéressantes: la mise en place d'un examen de rattrapage national en septembre en fin de cycle qui permettrait une plus grande égalité de traitement, avec à l'appui une école d'été pour les élèves les plus en difficulté; le développement de "professeurs des apprentissages fondamentaux" ou "professeurs de cycle 2" qui suivraient un même groupe d'élèves du CP au CE2.
>> Consulter les conclusions et les recommandations du cnesco et de l'Ifé sur le redoublement
