La "solution" trouvée par le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer pour que tous les bacheliers aient leurs résultats comme prévu ce vendredi est contestée. À la fois par des professeurs et des candidats.
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Des correcteurs veulent contraindre le gouvernement à rouvrir des négociations sur les réformes du lycée et du bac en refusant depuis plusieurs jours de saisir les notes, et pour certains, de rendre les copies. Ce qui a poussé le ministre à annoncer mercredi que la note de contrôle continu de l'année serait prise en compte provisoirement pour compléter la moyenne afin de pouvoir publier des résultats en temps et en heure, alors que "moins de 100 000" copies manquaient encore mercredi soir.
"Comme cela arrive à chaque session en cas de pertes ou de vols, la solution est de donner la note du contrôle continu à l'élève à titre provisoire, ce qui permettra d'avoir un résultat. Si la note de la copie est meilleure, ce sera cette dernière qui sera retenue" au bout du compte, a détaillé Jean-Michel Blanquer, "sinon on garde la note de contrôle continu".
"Jean-Michel Blanquer est aux abois"
"C'est hallucinant, ça n'a aucun sens de prendre des notes de contrôle continu", a réagi Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, le premier syndicat du secondaire.
Selon elle, cela pose une série de questions : "Comment fait-on pour les élèves en candidat libre ?", interroge-t-elle par exemple. Et elle présente le "risque d'envoyer des élèves au rattrapage alors qu'en fait ils ont une note correcte à l'examen final. Dire qu'ils prennent la meilleure note des deux c'est s'exposer à des recours potentiels car c'est discriminant entre les candidats", a jugé Frédérique Rolet.
"Tout cela montre que Jean-Michel Blanquer est aux abois", selon elle. "Ce que le ministre est en train de faire, c'est du bricolage", a-t-elle renchéri sur BFMTV.
"Un système scandaleux"
Pour Louise, l'une des responsables de la plateforme "Bloquons Blanquer" opposée aux réformes du ministre, cette solution va à l'encontre de la philosophie même du diplôme du bac. "C'est plus qu'injuste, c'est un système scandaleux parce que c'est une rupture d'équité", s'est-elle indignée sur Europe 1. "C'est rompre avec la logique du baccalauréat qui est un examen qui permet de mettre tous les élèves dans la même situation à la fin de la terminale", a fustigé l'enseignante.
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Interrogée par France Info, une autre enseignante, professeure de mathématique en Île-de-France, estime également estime que l'utilisation des résultats du contrôle continu en cas de notes retenues par les enseignants correcteurs du baccalauréat est "un tour de passe-passe", qui "ne respecte pas le principe d'égalité" de l'examen.
"Ça va être compliqué pour moi", angoisse un bachelier
Antoine, un candidat qui vient de passer ses épreuves, a confié son angoisse à la chaîne d'information : "Si j'ai pas ma copie de philo, ça va être compliqué pour moi. Je tournais à 8 de moyenne. Tandis que pour le bac, j'ai mieux réussi."
D'autres bacheliers ont laissé éclater leur colère sur les réseaux sociaux. Comme cette internaute, qui souligne : "Elle est où l'égalité des chances ici ? Il est où le respect de notre progression et du travail qu'on a fourni pour le bac ??"
