A l'heure de la start-up nation et du numérique, de plus en plus d'élèves d'écoles de commerce se rêvent en chefs d'entreprise. Les établissements se sont adaptés à cette demande grandissante. "Quel que soit leur cursus, tous les étudiants d'HEC Paris sont formés à l'innovation et l'entrepreneuriat", affirme Inge Kerkloh-Devif, senior executive director du centre IDEA* de l'école. Certains élèves choisissent d'ailleurs de s'orienter vers ces domaines dès leurs premiers pas sur le campus.

Les "programmes grande école" (PGE) multiplient les spécialisations en misant sur des partenariats prestigieux, comme le MSc (master of science) X-HEC Entrepreneurs avec Polytechnique, qui offre une immersion totale dans la réalité de l'entrepreneuriat. Au sein de la Toulouse Business School (TBS), le MSc Entrepreneuriat et business development permet de se spécialiser dans la création de start-up ou de PME et prépare à la direction de centre de profits. A EDC Paris Business School, le PGE forme à l'innovation, à la transformation digitale et à l'entrepreneuriat, et offre une possibilité d'alternance ou de double diplôme, en France ou à l'étranger. Le "parcours étudiant-entrepreneur" permet quant à lui de "concilier cours, examens et obligations de chef d'entreprise", précise l'établissement. Les membres de ce cursus sont accompagnés par des enseignants-chercheurs et mentorés par un diplômé d'EDC.

Les incubateurs, nouvel atout des écoles de commerce

Pour les étudiants désireux de monter leur projet, l'école toulousaine propose également sa propre structure d'accompagnement. TBSeeds est un incubateur ouvert aussi bien aux élèves de TBS (sans frais supplémentaires) qu'à ceux d'autres écoles supérieures d'Occitanie. Flavien Thouroude, 24 ans, y est entré en M2. Avec un autre étudiant, il a créé Bomolet, une marque de vêtements de sport "dédiés à la course à pied, fabriqués en France à partir de matières naturelles ou recyclées". TBSeeds leur a permis de peaufiner leur projet, qui devrait voir le jour en 2021. Flavien est catégorique : l'incubateur lui a apporté le soutien dont il avait besoin pour se lancer. "Cela permet de travailler concrètement et de rencontrer des entrepreneurs qui partagent leur expérience."

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Les incubateurs germent également dans les grandes écoles postbac : EDC Paris a ainsi développé EDCube, incluant du coaching, des conférences et des contacts avec des institutions d'apport en capital.

Le réseau comme ultime tremplin

Parmi les différents incubateurs, celui d'HEC Paris se démarque par sa localisation au coeur du plus grand campus français de start-up : Station F, à Paris. L'école s'enorgueillit de lancer près de 90 projets chaque année et d'être à l'origine de 3 des 14 licornes françaises (ces start-up dont la valorisation dépasse 1 milliard de dollars). Pour être éligible, il faut être diplômé ou certifié de l'école, notamment via les Mooc (cours en ligne), ce qui "permet de diversifier les profils". Mais la sélection est rude : seuls de 6 à 8 % des candidats sont retenus. L'incubateur fonctionne à la carte et s'adapte aux besoins des participants : les start-upeurs signent pour trois mois renouvelables, à raison de 250 euros par mois. Dès 2021, une offre en ligne verra également le jour.

Autre atout majeur d'HEC Paris : son réseau alumni, soit plus de 60 000 anciens étudiants. Certains d'entre eux investissent notamment dans HEC Ventures, le fonds de l'école, qui permet de financer des projets d'entreprises. Et de soutenir les entrepreneurs de demain.

* Innovation, digital, entrepreneurship, acceleration.