Le premier syndicat des lycéens ne veut pas qu'on puisse rédiger les devoirs à leurs place contre de l'argent. Le Syndicat général des lycéens (SGL) dénonce dans un communiqué le site Bonnenote.fr, qu'elle considère comme "un Uber des devoirs" et "une marchandisation de l'éducation", qui vont "accroitre les inégalités entre lycéens ayant les moyens de payer leurs devoirs et les moins aisés".
Le SGL, première organisation lycéenne, met par ailleurs en doute l'intérêt pédagogique de ce type de services, récent en France, mais qui existe depuis longtemps aux Etats-Unis. Lors des examens, l'élève ne peut compter sur ses propres ressources, rappelle le SGL. L'organisation lycéenne réclame donc "la suspension du site Bonnenote.fr dans son modèle actuel et de toute initiative de ce type".
66 euros pour une dissertation de philo
La plateforme Bonnenote.fr indique, elle, permettre aux élèves et étudiants "de faire appel à des rédacteurs spécialisés par matière et niveau académique afin de les aider à réaliser des devoirs de qualité". Les collégiens, lycéens et étudiants francophones "du monde entier" peuvent "commander en ligne des devoirs sur mesure" dans une centaine de matières, explique-t-elle.
Concrètement, le client indique le type de devoirs à effectuer, le nombre de pages voulues (le site va jusqu'à préciser le nombre de mots par pages - 300 -) et le délai. Il faut ensuite passer à la caisse: pour une dissertation de philo de trois pages dans 12 heures par exemple, il en coûte 66 euros 24 centimes. Un peu moins de 32 euros si c'est pour dans deux semaines.
Au moment du paiement par carte bleue, le site précise que le commanditaire doit avoir obligatoirement au moins 18 ans. Mais Bonnenote.fr propose des devoirs aux collégiens et lycéens, dont la plupart sont mineurs. Les rédacteurs recrutés par Bonnenote.fr sont "méticuleusement sélectionnés", des professeurs, doctorants, diplômés, étudiants en fin d'études, qui "ont tous pour intérêt commun d'aider et de partager leurs connaissances", assure la plateforme.
