Faire redoubler les élèves n'est pas efficace, et serait même pénalisant, selon une étude du ministère de l'Education nationale. Le rapport, que s'est procuré RTL, conclut que la forte baisse du redoublement ces vingt dernières années a eu un impact positif sur la réussite des élèves.

Une pratique divisée par deux en 20 ans...

En vingt ans, le redoublement a été divisé par deux. En 1993, 46% des élèves de troisième avaient un an de retard ou plus, contre 24% à la rentrée 2013. Aujourd'hui, moins de 14% des élèves ont redoublé en primaire, contre 21% en 2004. Au collège, c'est la troisième que les élèves redoublent le plus (3,6 % en 2013), et la cinquième est la classe la moins redoublée. Au lycée, la seconde fait encore l'objet de beaucoup de plus de redoublements (8%), mais près de deux fois moins qu'en 2005.

"Il apparaît que la politique de diminution du redoublement a permis d'atteindre une meilleure fluidité des parcours, sans affecter la réussite des élèves qui a globalement progressé", note le rapport.

... qui doit rester exceptionnelle

Selon l'enquête PISA 2012, le redoublement accentue en outre les inégalités sociales, déjà très prégnantes en France. Ainsi, le taux de redoublement reste très corrélé à la catégorie socioprofessionnelle de la famille de l'élève, selon le rapport du ministère.

De nombreuses études ont montré que le redoublement n'était pas efficace sur les parcours scolaires à long terme, voire pénalisant. C'est pourquoi le gouvernement considère aujourd'hui qu'il doit rester une pratique exceptionnelle et mise désormais sur l'accompagnement personnalisé, jugé moins coûteux et plus motivant. Cependant la ministre Najat Belkacem a réfuté avoir l'intention de le supprimer purement et simplement à la rentrée 2015.