Le lycée privé Notre-Dame de la Viste à Marseille figure en première place du classement 2015 des meilleurs lycées de France de L'Express. Pour l'évaluer, le taux de réussite au bac n'a pas été le seul critère de succès. La capacité à faire progresser les élèves et le parcours scolaire dans l'établissement ont aussi été pris en compte. Pour Georges Balaguer, directeur du groupe appartenant à la Congrégation religieuse Timon David, cette place est le résultat de nombreux efforts.

Comment avez-vous réagi à l'annonce de ce classement?

Evidemment, c'est une grande réjouissance que je partage avec toutes les personnes de mon équipe. C'est le résultat de tous nos efforts qui est récompensé. Nous sommes fiers de réussir à accompagner tous nos lycéens jusqu'au bac et de permettre à 90% d'entre eux d'avoir leur baccalauréat, voire 100% l'année dernière en série ES. Même si nous sommes un lycée privé, plus de 30% de nos élèves sont boursiers et leurs familles rencontrent les mêmes problèmes de chômage et de précarité qu'ailleurs. Pour chaque élève, étudier dans notre lycée coûte 76,5 euros par mois.

Vous n'avez présenté que 39 candidats au bac l'année dernière...

C'est exact, mais il ne faut pas oublier que nous sommes un établissement très récent. Nous sommes installés dans les quartiers nord de Marseille depuis sept ans, suite au plan Espoir banlieues, lancé par Xavier Darcos. Aujourd'hui, nous n'avons que deux classes de terminales; une qui mélange les L et ES et une de S, mais nous présentons tous nos élèves à l'examen. Parfois, le peu d'effectifs a aussi des inconvénients: en terminale S, nous n'avons qu'une seule option, la SVT.

A quoi tient cette réussite?

Au grand investissement des enseignants et des élèves. On s'assure que chaque élève a un accompagnement individuel. Lorsque les élèves arrivent chez nous, on vérifie leur motivation ainsi que celle de leurs parents lors d'un entretien. On organise aussi de nombreuses sessions de remise à niveau et des stages de révision durant l'année. Les élèves sont régulièrement notés, on contrôle leurs absences... Tous ont aussi envie de s'en sortir et de s'élever socialement.

Avec ce classement, espérez-vous attirer de nouveaux élèves?

Non, je souhaite que les nouvelles inscriptions soient les moins nombreuses possibles. A la rentrée 2015, nous aurons onze nouveaux inscrits en seconde. Même si notre lycée grandit chaque année, ce qui compte ce n'est pas le nombre mais la réussite des élèves.