Des fuites au bac, une communication brouillée par le fiasco des ABCD de l'égalité, et la gestion d'un premier fait divers sordide (l'assassinat d'une enseignante de maternelle par une mère d'élève) : le troisième trimestre de Benoît Hamon ne lui laisse guère de répit.
Trois mois après son entrée en fonctions, le socialiste s'étonne quelque peu de la difficulté de ce ministère. "Je m'y attendais: on m'avait dit fais attention, l'Education nationale, c'est violent", confie-t-il à L'Express.fr le 3 juillet, à la veille des résultats du baccalauréat.
Ses premiers mois Rue de Grenelle n'ont donc pas démenti cette impression. Pour désamorcer les critiques contre un bac qui "se brade", Benoît Hamon communique sur une baisse des résultats, notamment dans la filière ES. Quant aux fuites -les sujets de philosophie ont été publiés sur le web dès 8h10 -, le ministre s'étonne quelque peu de la proportion prise par ces événements. Il y voit une accélération du temps médiatique, favorisée par les réseaux sociaux, incompatible avec le "temps long" que demande l'Education nationale.
"J'ai merdé"
Il revient sur le "raté" de la communication autour de l'abandon de la généralisation des ABCD. "Là où j'ai merdé, passez-moi l'expression, c'est sur la publication du rapport de l'inspection générale. Je l'ai publié trop tard". Ce rapport recommande notamment au ministère d'inscrire la lutte contre les stéréotypes sexistes dans les programmes. Un plan présenté comme plus "ambitieux", mais inaudible en pleine polémique sur le recul du gouvernement sur ce dossier.
"Autour de la marque des ABCD se sont greffés des éléments et des représentations politiques qui n'avaient rien à voir avec les séquences réalisées en classe ni avec le dispositif", se défend le ministre, allusion aux JRE (journées de retrait de l'école) lancées par un partie de l'extrême droite contre les ABCD.
Benoît Hamon affirme avoir échangé sur ce sujet avec Vincent Peillon, son prédécesseur aujourd'hui député européen. "Il me soutient", assure-t-il.
Les heures sup financées
Rare sujet de contentement: les arbitrages budgétaires. Le ministre assure qu'"il ne serait pas là s'il n'avait pas obtenu de bons arbitrages". Hamon, qui met volontiers en avant le soutien du Premier ministre, assure avoir obtenu le maintien du volume d'heures supplémentaires pour les enseignants, le financement des "super ZEP", et le maintien des recrutements supplémentaires (10 à 12 000 par an sur l'ensemble de la mandature). "Les engagements seront tenus", assure-t-il.
