C'est un symbole, un totem, un lieu de prestige, de fascination, et de répulsion. Sciences Po, l'institution qui a formé cinq des présidents de la Ve République, est frappée par des vents mauvais.

Au début de l'année, la chute en dominos de ses deux dirigeants emblématiques, Olivier Duhamel et Frédéric Mion, a éclairé d'un jour cruel l'entre-soi qui règne dans ce temple de "l'excellence à la française".

L'Express a souhaité creuser : gouvernance, pédagogie, idéologie... A bien des égards, mener l'enquête sur Sciences Po, c'est tendre un miroir à la société et à son élite. Tous les articles notre dossier à lire ci-dessous.

Malgré le scandale Duhamel, un implacable entre-soi

Pour la première fois de son histoire, Sciences Po se retrouve sans-président et sans directeur. Plus grave, peut-être : la crise a attiré l'attention sur une des fragilités structurelles de l'établissement, cet entre-soi qui prend parfois le pas sur "l'éthique du dirigeant", dont on vante pourtant l'importance dans tous les amphis de Sciences Po. Le premier volet de notre enquête inédite à lire ici.

Les dessous du "projet Harvard"

La grande école s'est mis en tête de concurrencer les universités américaines. Depuis dix ans, la plupart de ses choix stratégiques en découlent, même les plus contestés. Le lecteur est plongé dans les secrets du projet pédagogique de Sciences Po, cette obsession pour les universités américaines qui dictent la plupart des choix stratégiques. Pour la première fois, l'école des élites est sérieusement concurrencée pour l'admission à l'ENA. Le deuxième volet de notre enquête à lire ici.

Comment l'idéologie "woke" s'infiltre dans l'école

La communication triomphale de l'école sur sa modernité est critiquée. En son sein, les débats autour de la radicalité militante enflamment la communauté étudiante. Son ouverture internationale et son prestige en font un lieu privilégié des débats autour de l'idéologie "woke", cette nouvelle radicalité militante qui fracture tant le corps enseignant que la communauté étudiante. Le dernier volet de notre enquête à lire ici.

  • Tous formatés, pour le meilleur et pour le pire ?

L'Ecole libre des sciences politiques, ancêtre de Sciences po, a été fondée en 1872 par le trentenaire Emile Boutmy avec l'objectif assumé de former une nouvelle élite intellectuelle, solidement instruite et à ce titre "formatée" pour diriger le pays, dorénavant républicain. Mais comment séparer le bon formatage, synonyme de connaissances étendues et de savoir-faire éprouvé, du mauvais formatage, ce cynisme mécanique qui pousse à vanter avec des trémolos le "service public", alors qu'on rêve de pantoufler dans une banque ? Notre éditorial.