Il y aura toujours des notes chiffrées en 6e. Leur suppression, préconisée par un rapport, a été écartée par la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem, selon son entourage ce vendredi. Ce rapport et les recommandations du jury de la Conférence nationale sur l'évaluation des élèves doivent être dévoilés dans leur intégralité dans l'après-midi.
Le jury de la conférence -avec une moitié d'usagers de l'éducation et une moitié de professionnels- ne retiendra pas l'expression de l'"évaluation bienveillante" chère à celui qui avait lancée l'initiative, l'ancien ministre Vincent Peillon aujourd'hui eurodéputé, qui conduisait la "refondation de l'école".
"Casser le thermomètre"?
"Pour des raisons qui nous dépassent, l'expression ['bienveillante'] est devenue aux yeux du public [synonyme de] perte d'exigence", a expliqué son président, le physicien Etienne Klein. Des critiques accusaient le ministère de vouloir "casser le thermomètre".
Reste qu'il ne s'agit pas vraiment d'une surprise: la ministre et surtout le président de la République François Hollande ont toujours dit qu'"une suppression des notes chiffrées n'était pas à l'ordre du jour", rappelle la rue de Grenelle. L'objectif: une évaluation "plus fine, plus exigeante" mais qui "ne décourage pas" les élèves.
Les profils variés du jury
D'où l'idée de cette conférence sur la notation, les 11 et 12 décembre derniers, avec des témoignages d'experts et d'enseignants innovants. Y participaient des parents d'élèves, des professeurs, des étudiants comme des inspecteurs de l'Education nationale.
Tous étaient réunis pour répondre à une question centrale: comment percevoir, au fur et à mesure des apprentissages, si les élèves ont effectivement acquis ce qui était attendu d'eux? Une évaluation dite "formative", où l'erreur puis le progrès fait partie du processus.