Séjours annulés, frontières fermées, confinement... Voilà des années que l'expérience internationale représente un passage obligé dans le cursus des élèves des écoles de commerce. Mais difficile de maintenir cette tradition en période de crise sanitaire. Chez Skema Business School, alors que 1 500 étudiants suivent leurs cours à l'étranger en temps normal, on en compte actuellement... moins de 400. "Il s'agit principalement de personnes qui étaient sur place et ont pu y rester, notamment sur nos campus en Chine et aux Etats-Unis. Mais aujourd'hui ces deux pays sont fermés et n'accueillent pas de nouveaux arrivants. Les séjours risquent donc d'être reportés", indique Alice Guilhon, directrice générale de l'école de commerce internationale.

Priorité à l'Europe

Face aux nombreuses annulations venues d'Amérique et d'Asie, d'autres écoles ont misé sur le Vieux Continent. "En Asie, seule la Corée du Sud a continué à accueillir nos étudiants. Près de 88 % des échanges maintenus l'ont été en Europe", précise Céline Davesne, directrice générale adjointe pour les programmes et l'international de Neoma Business School.

Camille Martin et Julie Rousseau ont ainsi posé leurs valises à Bradford, au Royaume-Uni. "Après une quatorzaine, nous avons pu visiter le pays, mais nous sommes désormais confinées. En ce qui concerne l'enseignement, nous avons principalement des séances sur Zoom et un cours en présentiel en moyenne tous les 15 jours. Ce n'est évidemment pas l'idéal, néanmoins, après l'annulation de mon séjour à Ottawa, je suis heureuse d'avoir pu partir en échange académique en Grande-Bretagne", reconnaît Camille. "Nous avons eu peu de contacts avec les Britanniques, mais nous avons la chance d'être en colocation avec des étudiantes étrangères avec qui nous pouvons parler anglais", complète Julie.

LIRE AUSSI >> Grandes écoles de commerce : priorité à l'international

La situation est plus compliquée pour les personnes vivant seules. C'est notamment le cas des étudiants étrangers actuellement en France et confrontés au confinement. Les équipes pédagogiques sont particulièrement attentives à leur situation et multiplient les initiatives à leur intention : animations en ligne, accès à des salles de travail, recherche de stage, suivi particulier, etc.

Les atouts de certains pays scandinaves

L'autre préoccupation concerne les départs à venir. "Pour le premier semestre 2021, une centaine de déplacements sont déjà annulés et, cette fois-ci, il sera difficile de miser sur nos partenaires européens. Nous envisageons donc d'autres solutions comme le report des séjours, leur remplacement par des stages, les doubles diplômes, les cours en ligne...", reprend Céline Davesne.

À l'Esdes Lyon Business School, les étudiants sont autorisés à partir en mobilité seulement si la majorité des cours se déroule en présentiel. Or, au gré de la propagation du virus, il arrive que des établissements passent à 100 % de formation en ligne. "Nous misons sur certains pays scandinaves qui s'en sortent mieux, indique Kevin Pon, directeur des relations internationales et des accréditations de l'école. Une réflexion est également menée pour permettre à des étudiants qui ne pourraient pas partir de vivre une expérience internationale tout en restant à Lyon. Nous développons actuellement un cours de gestion de projet international à distance avec notre partenaire à New York." Une manière de faire de face.