C'est le grand jour. Certains enfants se sont ennuyés quand d'autres ont eu la chance d'être confinés au bord de la mer. Une chose est sûre, tous les élèves de maternelles et de primaires devront se soumettre à un "protocole strict", lors de cette rentrée particulière ce lundi.

Après trois semaines de fermeture, les établissements scolaires rouvrent en dépit des contaminations qui restent élevées. De leur côté, les collégiens et les lycéens doivent attendre le 3 mai avant de rejoindre les bancs de l'école. L'Express fait le point.

Fermeture des classes en cas de contamination

Le protocole sera "très strict". "Nous fermerons la classe dès qu'il y a un cas de contamination", a précisé le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, lors d'une conférence de presse, jeudi 22 avril. Cette mesure "conduira nécessairement à ce qu'il y ait un certain nombre de fermetures, mais évidemment il est largement préférable d'avoir 1% des classes de France qui ferment que d'avoir 100% des écoles" fermées, a ajouté le ministre. Alors que les beaux jours s'installent, le gouvernement encourage aussi les classes en plein air.

LIRE AUSSI : Protocole sanitaire, tests salivaires... Le plan du gouvernement pour la reprise de l'école

Cette mesure est un soulagement pour les enseignants. "Ils ont écouté ce qu'on a dit", a estimé Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire. Elle salue la règle de la fermeture de classe dès qu'il y a un cas positif : "Il vaut mieux fermer une classe que fermer toute une école au bout de 15 jours ou 3 semaines".

Miser sur les tests salivaires

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé, jeudi, que 400 000 tests salivaires contre le Covid-19 seraient déployés dans les écoles élémentaires à la reprise des classes la semaine prochaine, avec un objectif de 600 000 d'ici à la mi-mai. En plus du "protocole très strict" qui sera observé dans les établissements, le Premier ministre Jean Castex a dit miser sur le "renforcement massif des capacités de test à tous les niveaux". L'ancien maire de Prades a ajouté jeudi 22 avril : "Nous concentrerons ce dispositif de dépistage dans les départements où l'incidence est la plus élevée."

Les autotests pour l'instant réservés aux collégiens et lycéens

En complément, pour les élèves de plus de 15 ans et le personnel de l'Education nationale, le gouvernement a annoncé la commande de 64 millions d'autotests, qui se font avec un prélèvement nasal plus simple et léger que pour les tests PCR et dont le résultat est connu en 15 minutes. Ils seront proposés à tous les personnels de l'Éducation nationale qui le réaliseront à la maison dès la rentrée.

LIRE AUSSI : Covid-19 : pourquoi les écoles sont-elles si difficiles à sécuriser ?

Puis, à partir du 10 mai, à tous les lycéens qui y seront soumis chaque semaine, au sein de leur établissement, a précisé de son côté le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer. "La Haute Autorité de Santé a recommandé dans un premier temps de ne pas proposer cette méthode de test nasal aux moins de 15 ans, "mais se prononcera en début de semaine prochaine" sur l'opportunité de l'étendre à un public plus jeune.

Les cantines ouvertes, mais à éviter

Les restaurants scolaires seront ouverts pour la rentrée des classes, le 26 avril en maternelle et au primaire, le 3 mai au collège et au lycée. Mais Jean-Michel Blanquer appelle la prudence. Sur Franceinfo, le ministre de l'Éducation a recommandé vendredi aux parents qui le peuvent, de ne pas envoyer leur enfant à la cantine.

"Ce n'est pas complètement nouveau, mais c'est vrai qu'on peut souligner cette recommandation. C'est aussi bien de façon à ce qu'il y ait moins d'enfants à la cantine, que ce soit les enfants qui en ont le plus besoin qui puissent bénéficier de la cantine", poursuit le ministre de l'Éducation nationale. Il a qualifié les cantines de "maillon faible de l'école" face au Covid-19.

Demi-jauge dans les lycées et certains collèges

Dans les lycées, une demi-jauge sera obligatoire dans les classes. Et concernant les collèges ? Dans les départements les plus touchés par le virus, certains niveaux seront également appelés à fonctionner aussi en demi-jauge. Seront concernées les classes de 4e et de 3e des quinze départements les plus touchés : le Nord, l'Aisne, l'Oise, les Yvelines, la Seine-et-Marne, la Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine, le Val-d'Oise, le Val-de-Marne, l'Essonne, Paris, la Sarthe, la Loire, le Rhône et les Bouches-du-Rhône.

Les enseignants de moins de 55 ans : toujours pas prioritaire à la vaccination

La question de la vaccination reste la grande déception des professeurs. "Les enseignants ne sont toujours pas prioritaires", a déploré Guislaine David. Depuis le week-end dernier, les professeurs de plus de 55 ans ont des "créneaux dédiés" dans les centres de vaccination. Mais "seulement 16% des enseignants et des accompagnants d'enfants en situation de handicap ont plus de 55 ans", selon le Snalc.